"Vous avez un sous-secrétariat d'État qui est perdu dans Bercy, qui n'a pas de budget, pas de moyens, pas d'administration" avec des "agences autonomes (BPI France et l'Anssi) qui font ce qu'elles veulent sans contrôle", pointe Jean-Baptiste Soufron, ancien secrétaire général du Conseil national du numérique, mardi 18 août sur France Culture, après la cyberattaque qui a touché le fisc français fin juin. "Il n'y a pas de pilote dans l'avion", résume-t-il.

À lire aussi Données susceptibles d'avoir été consultées, risques, mesures de précaution... Ce que contient le courriel envoyé aux victimes du piratage du fisc "Vous imaginez bien à quel point ça rend risibles tous les discours sur la souveraineté ou ce genre de choses", ajoute l'avocat en droit du numérique.

Lundi 17 août, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé un "audit approfondi" à l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) après le vol de données qui a touché la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Les fraudes par manipulation en hausse de 37% sur un anZeroBytes, les pirates derrière le vol de données du fisc, ont affirmé lundi à l'AFP avoir déjà vendu les données dérobées, des déclarations invérifiables.

Les assaillants ont par exemple pu consulter et extraire des données telles que l'identité et les coordonnées des personnes, leur niveau de revenus déclarés ou le patrimoine immobilier. Des données qui pourront ensuite servir à mettre en place des arnaques perfectionnées, via de faux agents du fisc contactant les personnes par téléphone ou par courriel.

Selon les derniers chiffres de l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, "les fraudes par manipulation" (par téléphone notamment) ont augmenté de 37% sur un an. Au premier semestre 2025, elles ont atteint 245 millions d'euros et 3 000 euros en moyenne par victime.