Le mois de juillet 2026 est le plus chaud jamais enregistré par Météo-France et c'est aussi le plus sec, davantage que lors de la sécheresse historique de 2022. En Normandie il n'a plu que 3,2 mm de pluie, près de 20 fois moins qu'en temps normal. Cette sécheresse impacte les cultures, et notamment celle du lin. À elles deux, les Hauts de France et la Normandie produisent près de 66% du lin mondial.

À lire aussi "On atteint un paroxysme", alerte Voies navigables de France après la suspension de la navigation sur le canal de Bourgogne en raison de la sécheresse Paul Dechaufour inspecte son champ de lin à Cagny, près de Caen. Les plantes arrachées en mai ont été posées à plat au sol, en rangées bien ordonnées, pour favoriser le rouissage, la maturation des fibres. "Le rouissage est bien entamé à des endroits, mais à d'autres c'est encore jaune.

Quand il y a du jaune c'est que le lin n'est pas roui il faut que ce soit gris", montre l'agriculteur. Tant qu'il ne pleut pas, le lin ne peut pas rouir, et donc il ne peut pas être ramassé mais plus cet agriculteur attend, plus le lin s'abîme. "On va avoir une mauvaise couleur, et des lins plus faibles, qui s'abîment avec le temps.

" Paul Dechaufour, agriculteur qui produit du lin près de Caen (à gauche) et Didier Berville, technicien culture pour la coopérative linière de Cagny. (CLAIRE LOILIER / RADIO FRANCE) "Pour un agriculteur, c'est dramatique"D'habitude, les agriculteurs normands ramassent le lin roui début août. Didier Berville, technicien culture pour la coopérative agricole de Cagny, espère plutôt une récolte mi-septembre, à cause de l'humidité anormalement basse pour la saison.

"On est à des niveaux d'hydrométrie autour de 20 à 30%, on a des nuits à moins de 80%, donc pas de rosée. Si le lin n'a pas assez pris l'humidité ses fibres sont moins solides, ce qui en fait un fil inutilisable pour certains usages comme le tissage de vêtements.

Lucie Viel, agricultrice et présidente de la coopérative linière de Cagny, s'inquiète de cette possible perte de revenu : "Pour un agriculteur c'est dramatique car c'est ce qui va lui créer sa marge sur son exploitation. "Une solution pourrait être l'irrigation des parcelles mais les agriculteurs manquent de recul quant à cette méthode.