En 2026, 925 personnes ont été victimes d'accidents de baignades en France en seulement deux mois et demi. Parmi elles, 274 ont péri, selon un premier bilan de santé publique France. Ces noyades ont majoritairement eu lieu sur les départements et régions côtières dont 152 en Provence-Alpes-Côte d'Azur, 128 en Nouvelle-Aquitaine, 104 en Occitanie. Cependant Santé publique France note une très nette augmentation des noyades mortelles dans les zones non côtières.
Elles se sont même multipliées par deux notamment en Auvergne Rhône Alpes, parfois dans des lieux non surveillés et interdits à la baignade. À lire aussi Bactéries, eaux usées, pluies… Pourquoi certaines plages françaises deviennent impropres à la baignade Du côté de Lyon, ces spots sont innombrables entre le Rhône et la Saône, deux cours d'eau navigables, par principe interdits d'accès pour les nageurs.
Des "épaves de voiture" au fond de l'eauAux côtés de la brigade fluviale de Villefranche-sur-Saône au nord de Lyon, la Saône frôle les 25 degrés sous le soleil de l'après-midi. Le temps semble idéal pour piquer une tête, sauf que c'est interdit dans cette rivière. "Il y en a, en espérant qu'ils ne se sauvent pas en nous voyant", confirme l'adjudant-chef François-Xavier Marie. "Vous pouvez vous approcher les jeunes ? Vous aviez prévu de sauter là", interpelle l'officier.
Shayne et Tim sont arrivés de Lyon en bus, bien moins cher que la piscine municipale. Tim explique avoir "voulu sauter ici car c'était bien la dernière fois". Pas le temps de plonger, les deux adolescents font demi-tour. Quelques kilomètres plus loin, des sauts ont pourtant déjà eu lieu. Timéo raconte avoir sauté "de haut, en tournant un peu". " Les deux acolytes vont d'abord prétexter chercher le calme.
"On est là, on est que tous les quatre, on va être tranquilles", assure l'un, pendant que l'autre explique : "On cherche des sensations aussi ! Des adultes "font ça depuis quarante ans"Lisandre, lui, n'a pas peur de le dire : il est là pour exécuter son plus beau salto. Le prix de l'amende l'a toutefois dissuadé car même s’il n'était "pas du tout au courant" des risques, il ne compte "plus le faire, je tiens à mes 68 euros".
La sanction financière est dissuasive pour ces jeunes-là. Mais ils ne sont pas les seuls que les gendarmes alpaguent, et la prévention ne suffit plus selon l'adjudant Yannick Salomon À lire aussi "Baignade interdite" : autre conséquence de la canicule, les cyanobactéries prolifèrent dans les lieux de baignade en eau douce "On voit des gens en train de nager en plein milieu du chenal de la Saône, donc en plein milieu des gros bateaux et des grosses péniches.
Souvent, ils nous disent qu'ils font ça depuis quarante ans, que pour eux il n'y a pas de risque. Ce sont plutôt des adultes que des jeunes, et là on fait plus de prévention : c'est l'amende, puis on les sort de l'eau", déplore-t-il. D'après lui, ces scènes se produisent au moins une fois par semaine sur les quarante kilomètres de patrouilles. Malgré l'interdiction et les risques encourus, la baignade dans la Saône séduit de nombreux jeunes.
Reportage d'Anna Bonnemasou-Carrère écouter (1:52)
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