Le retour à la normale se poursuit en Gironde après l'incendie ravageur. Les habitants des deux dernières communes évacuées ont pu regagner leurs logements lundi 3 août, au Porge, et à Lège-Cap-Ferret, y compris les deux quartiers concernés par le déminage d'obus de la Seconde Guerre mondiale. Dans la soirée de lundi, plusieurs campings ont pu rouvrir un peu plus tôt qu'annoncé dans un premier temps.

À lire aussi : Reportage Au pied des dunes de Lège-Cap-Ferret, en Gironde, les pompiers livrent encore une bataille difficile contre le feu, compliquée par les difficultés d'accès Au camping de la Pinède à Lège-Cap-Ferret, les premiers résidents reviennent. Le camping de la Pinède, à l'instar de son nom, est cerné par les bois. Si tout a brûlé autour, les logements sont presque intacts. "Nous sommes des miraculés", se réjouit William, le directeur, encore ému. Il remercie les pompiers, ces "champions" qui "ont fait du super boulot, là, il n'y a rien à dire." William désigne les 18 extincteurs alignés le long du bâtiment d'accueil qui vont être rechargés après avoir bien servi."Les pompiers s'étaient répartis un peu partout dans le camping aussi, il y avait des extincteurs pour éteindre toutes les cendres brûlantes qui arrivaient, qui mettaient le feu un petit peu partout. On a éteint à deux reprises le feu", raconte le directeur, resté sur les lieux pendant les 12 jours d'évacuation pour combattre le brasier. Il n'a pas seulement lutté contre les flammes, il a aussi veillé sur la quinzaine de chats des résidents, qui l'identifient désormais comme le distributeur de croquettes. "C'est le chat de Catherine, sa maîtresse lui manque, elle m'a entendu", signale-t-il."Ça va être long, il y a tout à laver"Sandrine fait partie des toutes premières à retrouver son mobil-home et ses deux chats, après 15 jours d'errance dans la région. Malgré trois évacuations, elle ne souhaite pas se "plaindre" devant "la misère qu'il y a sur Le Porge". "La reprise, elle se fait. On a été choqués quand même, en arrivant, de voir la catastrophe, les maisons qui sont brûlées, toutes les personnes qui ont perdu leurs biens", témoigne Sandrine.De l'autre côté de l'allée, se trouvent les restes d'un des deux bungalows détruits du camping. Au milieu des cendres se dresse la carcasse d'un réfrigérateur calciné. Stéphane est un voisin du locataire, un vieil homme qui va s'installer dans un Ehpad : "Ils ont perdu tous leurs souvenirs, tout était ici. C'est très triste."Stéphane rentre chez lui, pour voir l'état de son congélateur. L'heure est au soulagement. Il n'y a pas eu de coupure de courant, les surgelés n'ont pas fondu, reste à laver tous les tissus pour faire partir l'odeur de brûlé. "Ça, ça va être long je pense, il y a tout à laver", souffle Stéphane, saisonnier lui aussi, à l'image de nombreux résidents de ce camping.Norbert Arabi, le propriétaire, espère que les autres saisonniers vont revenir. Il déplore de "grosses pertes d'exploitation quand même. Ce sont des locations en moins, je ne sais pas s'ils reviennent parce qu'ils ont peut-être perdu leur emploi. Ça, c'est l'inconnu." En attendant d'y voir plus clair, Norbert continue de ramasser les quelques débris de l'incendie qui traînent, dans l'impatience du retour à la normale.