Dans le nord du département du Var, 1 500 pompiers sont toujours mobilisés, lundi 3 août, pour empêcher les reprises d'un incendie qui a ravagé plus de 6 000 hectares ces deux dernières semaines dans le massif du Gros Bessillon. Les conditions météo sont toujours défavorables, avec des fortes chaleurs et des rafales de vents. Au total, depuis le début du feu, le 21 juillet dernier, 40 maisons ont été détruites dans les villages autour du massif. Notamment à Correns, une petite commune qui s'est retrouvée encerclée par les flammes vendredi dernier. À lire aussi "C'est criminel, ça relève de l'attentat de mettre des vies en danger", dénonce la maire de Correns, dans le Var, après un nouveau départ de feu Les habitants vivent au rythme des évacuations mais malgré le stress et la fatigue, ils restent très mobilisés pour aider les pompiers. Dans la salle des fêtes du village de Correns, où des pompiers viennent dormir quelques heures sur des lits de camp, Cyril attrape un sandwich avant de repartir sur le front."Il y a encore du travail"Chasseur, il connaît le massif du Gros Bessillon comme sa poche alors depuis deux semaines, il aide les pompiers, le visage couvert de suie : "Là, je suis allé guider les pompiers dans le massif pour traiter des lisières, leur montrer des pistes, leur montrer où ils peuvent aller chercher de l'eau… Là, je vais retourner de l'autre côté, on a vu des fumerolles donc on va mettre des camions pour les traiter. Je dirais que 90% du massif forestier est brûlé donc il y a encore du travail et on va travailler des jours et des jours pour s'en sortir."Dans les ruelles étroites du centre de Correns, des habitants font la circulation pour faciliter le passage des camions de pompiers.
Anthony a enfilé une chasuble orange : "On se relaye à chaque coin de rue pour éviter que les convois ne s'encombrent. Ça peut durer tout l'été, tant qu'on n'a pas d'eau, qu'il n'y a pas de pluie…""C'est hyper angoissant"Un peu plus loin, Noëlle sort de sa poche une liste de courses, du ravitaillement : "Jus de fruit, Coca en grandes bouteilles pour donner aux pompiers un peu de boost, barres de céréales, chips…" Dans le ciel, les hélicoptères bombardiers d'eau continuent leurs largages pour noyer les lisières fumantes. "C'est hyper angoissant", commente Isabelle. Elle prépare des repas depuis deux semaines pour les pompiers.Elle a dû évacuer sa maison le week-end dernier et elle a peur de rentrer chez elle : "On a reçu l'autorisation de rentrer chez nous depuis hier soir mais je vais quand même attendre parce que je ne suis pas persuadée que si je rentre avec mon chat dans sa caisse, avec tous mes papiers, mes vêtements etc., je ne serai pas obligée d'évacuer dans une heure et je n'ai plus envie… Le feu est tout autour, les souches des arbres brûlent pendant plusieurs jours." Ce qui angoisse particulièrement les habitants du village, c'est le vent qui continue de souffler dans la région.

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