Après le piratage du fisc, quels sont les risques pour les particuliers ? Invité de "Télématin" sur France 2, mardi 18 août, un expert en cybersécurité de l'entreprise Eset, Benoît Grunenwald, a estimé que cette fuite de données était "très importante". "La problématique, c'est qu'elle est conséquente, mais qu'elle est surtout conjointe avec d'autres fuites de données. (...) Ce cumul d'informations sur nous citoyens, que l'on va retrouver à l'extérieur, pose problème", a-t-il souligné. À lire aussi Mode opératoire des pirates, risques d'usurpation d'identité... Les questions qui se posent après la cyberattaque contre le fisc Un hacker revendiquant faire partie d'un duo derrière le piratage du fisc, ZeroBytes, a affirmé lundi à franceinfo avoir vendu les données dérobées, confirmant les informations de l'AFP. Pour Benoît Grunenwald, il est plus que probable que des victimes de cette attaque informatique seront prochainement la cible de tentatives d'escroqueries. Comment ? "Par mail, par SMS, par appel, on sait maintenant qu'on peut se faire appeler par des humains ou par de l'intelligence artificielle", énumère l'expert en cybersécurité.

À lire aussi Piratage du fisc : "Il n'y a pas de pilote dans l'avion", dénonce un ancien secrétaire général du Conseil national du numérique Il affirme aussi que les arnaques à domicile sont possibles. Ainsi, après une fuite de données de la Fédération française de tir, des licenciés ont affirmé "avoir reçu la visite de faux policiers souhaitant vérifier si leurs armes étaient en sécurité, des prétextes fallacieux pour rentrer dans le domicile", rapporte Benoît Grunenwald."Tous les pays numérisés comme nous se font attaquer grandement, même s'il est évident que ce site aurait dû être mieux protégé", juge-t-il. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a demandé à l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) de réaliser un "audit approfondi" sur ce vol de données ayant affecté la Direction générale des finances publiques (DGFip), a fait savoir Matignon mardi soir, à l'issue de la réunion d'une cellule interministérielle de crise. De son côté, le ministère de l'Economie a annoncé que la DGFip a commencé à contacter "un peu plus de 350 000 particuliers" concernés. Au total, 678 000 usagers, particuliers et entreprises sont concernés, selon l'administration fiscale.