Concrètement, Athènes utilise une partie des liquidités dont elle dispose pour solder dès maintenant des obligations qui, autrement, devraient être payées les prochaines années. Cette démarche s'inscrit dans une stratégie mise en œuvre depuis plusieurs années. Ces dernières années, la Grèce enregistre des excédents budgétaires primaires élevés. Parallèlement, le pays dispose d'importantes réserves de trésorerie.

Les remboursements anticipés ne font évidemment pas disparaître la dette grecque et ne signifient pas que le pays cesse d'emprunter sur les marchés. À la fin du premier trimestre 2026, la Grèce affichait toujours le ratio le plus élevé de l'Union européenne, à 143,5 % du PIB. L'Italie suivait, avec 138,9 %. La dernière estimation des autorités grecques prévoit qu'à la fin de l'année le ratio pourrait reculer autour de 137 %.

L'Italie, à l'inverse, anticipe une hausse de sa dette en 2026. Cela ne signifie pas que l'Italie aura une dette inférieure en valeur. L'économie italienne est bien plus grande et son endettement total nettement plus élevé. À la fin de l'année 2020, en pleine pandémie, la dette publique avait atteint 205,6 % du PIB. Cette baisse ne s'explique pas uniquement par les remboursements anticipés.

Il subsiste toutefois un écart entre les projections grecques et les dernières prévisions de la Commission européenne. En mai, la Commission anticipait une dette grecque à 140,7 % du PIB fin 2026 et 134,4 % en 2027. Même à 137 % du PIB, elle restera bien supérieure à la moyenne de la zone euro. Ce qui a changé par rapport à la décennie précédente, c'est la manière dont la dette est gérée.

Durant les années de crise, la Grèce recherchait des financements internationaux pour pouvoir honorer ses obligations. Et c'est là, davantage encore que le changement de position dans le classement européen de la dette, la différence essentielle.