Près de trois semaines après le spectaculaire incendie de la forêt de Fontainebleau en Seine-et-Marne, la forêt est toujours strictement interdite au public. Les bois sont désormais en cours de sécurisation pour rouvrir les axes routiers dès que possible.Avec un massif toujours fermé, Nicolas Fontaine, un agent de l'Office national des forêts, navigue dans ce décor de cendres entre des chênes au feuillage grillé et des pins calcinés : "Là on est vraiment dans une ambiance post-incendie, on sent vraiment le brûlé. Devant moi vous avez un pin, on voit ses racines qui sont déjà apparentes, qui ne sont plus dans le sol, qui sont complètement calcinées et brûlées, détaille l'agent forestier. Plus rien ne retient sa structure, donc il y a vraiment un risque de basculement et de danger pour les usagers. Les arbres que vous voyez avec des croix et des petits traits, ce sont les arbres qui vont être abattus pour sécuriser la route départementale 64." Massif forestier de Fontainebleau, dévasté par les flammes. (JULIE MARIE-LECONTE / RADIO FRANCE) Un peu plus loin, Cyril Langevin s'occupe du triage sur la zone brûlée. Sa mission consiste à repérer "tous les arbres" qu'il "marque à la peinture pour que le bûcheron et l'abatteuse puissent les prendre, les abattre et les façonner, les mettre en billon", détaille-t-il. Pour, en bout de course, "être sûr qu'il n'y ait aucun arbre qui puisse tomber lors de la réouverture de la route".Une quarantaine d'arbres abattus dans la journéeUn pin s'écroule dans un nuage de poussière, duquel Clément émerge, tronçonneuse à la main. De la cendre jusque sous les yeux malgré ses lunettes et son masque, le bûcheron s'inquiète : "Je respire ça toute la journée, c'est pas terrible." Clément, bûcheron, portant un masque pour se protéger des cendres et poussières. (JULIE MARIE-LECONTE / RADIO FRANCE) Avec 40 arbres abattus dans la journée, un travail de titan est accompli qui n'est pas toujours respecté. Clément et son collègue Franck s'agacent du nombre de "vélos qui se permettent de rentrer dans le massif alors que c'est fermé", fustige Franck. Le bûcheron rappelle que leur venue les "gêne. Et puis c'est dangereux, si jamais il y a un arbre qui repart dans l'autre sens et qu'il prend sur la tête". Au cours de la matinée, un vélo s'est arrêté dans le massif et, malgré les demandes des deux professionnels de la forêt, "le monsieur était virulent", selon eux.

À lire aussi : Carte Zones touchées par les feux, hectares brûlés... Visualisez et suivez les incendies en France au fil de l'été Face à ces incidents, les gendarmes et pompiers patrouillent. Le risque de reprise persiste, explique Nicolas Fontaine, de l'ONF : "Dans le sol, on a mesuré jusqu'à 400 degrés, c'est ce qu'on appelle un feu zombie. La particularité du sol ici, c'est la tourbe et en fait le feu vient se propager dans le sous-sol et ressort parfois à une vingtaine, des dizaines de mètres des points chauds."Pourtant, au sol, de belles surprises apparaissent aussi. Cyril Langevin, le technicien forestier, s'agenouille devant une jeune pousse toute verte. "C'est des rejets de chênes pubescents, eux, on voit bien qu'ils résistent à la chaleur. Donc on peut avoir de l'espoir", explique-t-il. Cet espoir, c'est celui de voir la forêt renaître. Même s'il faudra des décennies pour qu'elle ressemble à ce qu'elle était avant l'incendie de juillet. Après l'incendie à Fontainebleau, l’abattage des arbres se poursuit pour sécuriser la forêt. Reportage de Julie Marie-Leconte écouter (2:28)