"Je suis désemparée", confie jeudi 6 août à ICI Loire-Océan Nathalie, la mère de Manon Relandeau. Quatre mois après la disparition de l'agricultrice de Saint-Étienne-de-Montluc (Loire-Atlantique), sa mère lance un appel à Emmanuel Macron pour qu'il intervienne auprès des autorités algériennes. Manon Relandeau, 31 ans, n'a plus donné signe de vie depuis le 27 mars. Sa disparition a été officiellement signalée le 3 avril.

Le procureur de la République de Nantes a ouvert une enquête pour enlèvement et meurtre. Son conjoint, âgé de 41 ans, principal suspect dans cette affaire, avait quitté la France le 2 avril avec leur fille, alors âgée de 15 mois, pour rejoindre l'Algérie. Une cagnotte pour sauver l'exploitation de ManonAprès quatre mois sans nouvelles, "je n'en peux plus, c'est pour ça que j'ai fait appel aux autorités françaises", déclare Nathalie.

Elle demande une implication d'Emmanuel Macron pour faire avancer le dossier. "C'est la complexité de l'Algérie. Ma fille a aimé un Algérien, je respecte son choix", mais "je veux me battre", affirme-t-elle. La mère de la jeune femme conserve un infime espoir que Manon soit toujours en vie et retenue quelque part en Algérie.

Parallèlement à ses démarches auprès des autorités, la famille de Manon Relandeau a lancé le 1er août une cagnotte en ligne afin de préserver la ferme de la jeune agricultrice. Les charges de l'exploitation sont maintenues et les animaux doivent toujours être nourris et soignés.

Selon ses proches, les revenus de l'exploitation ont fortement diminué avec le départ d'une partie des chevaux en pension, tandis que les échéances du prêt contracté par la jeune agricultrice continuent de courir. Manon avait contacté une association pour les femmes victimes de violencesPour continuer, Nathalie se repose également sur les nouvelles de sa petite-fille, Inaya.

La fille de Manon est aujourd'hui âgée de 19 mois et se trouve toujours en Algérie, auprès de sa grand-mère paternelle. Nathalie indique recevoir régulièrement des photos et des vidéos de sa petite-fille. La grand-mère paternelle a même proposé de l'accueillir en Algérie pour qu'elle puisse voir l'enfant. Selon Nathalie, sa fille lui avait confié rencontrer des difficultés dans son couple avant sa disparition.

"Je voyais bien depuis quelque temps qu'il y avait quelque chose", raconte-t-elle. " Peu de temps avant sa disparition, Manon Relandeau avait contacté Citad'elles, un lieu situé à Nantes pour les femmes victimes de violences, et avait rendez-vous le 3 avril, mais ne s'y était pas rendue.