Les feux se multiplient et se propagent à grande vitesse. Accélérée par les fortes chaleurs et la sécheresse, la propagation de ces incendies est également aggravée par le phénomène des sautes de feu. Dimanche 19 juillet, un incendie déclenché à Taradeau (Var) a en effet connu des "sautes" importantes qui l'ont conduit jusqu'aux portes de la commune voisine des Arcs-sur-Argens. À lire aussi • Direct Incendie dans le Var : les flammes ont parcouru 2 550 hectares, le feu est "contenu" malgré "de nombreux points chauds", annoncent les pompiers Près de Bordeaux, deux sapeurs-pompiers sont morts, mardi, dans leur camion "piégé" par les flammes. Leur décès est intervenu "dans les premières minutes de la phase d'attaque" d'un feu. Cet incendie s'est propagé de cime en cime "avec de nombreuses sautes. (...) Accompagnée de vents tournants, la situation était très défavorable", a fait savoir Marc Vermeulen, le directeur du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de Gironde. Ce responsable a décrit des flammes hautes de 20 à 30 mètres.Environ 2 500 hectares ont par ailleurs été parcourus par le feu entre mardi et mercredi dans le Var. Franceinfo vous explique ce que sont ces "sautes de feu" qui aggravent la propagation des incendies et compliquent l'intervention des pompiers.La projection de débris incandescents jusqu'à plusieurs kilomètresLes feux peuvent être propagés par plusieurs phénomènes, dont la projection, c'est-à-dire les "sautes de feu", explique à franceinfo Eric Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers. Des "brandons", morceaux d'écorce en feu, ou des cendres enflammées provenant de l'incendie d'origine peuvent en effet parcourir "quelques mètres à plusieurs centaines de mètres, voire plusieurs kilomètres" et ainsi favoriser "la propagation de l'incendie par l'éclosion de foyers secondaires", est-il détaillé dans un document du Sdis de la Loire.

À lire aussi : Reportage "On a tous chialé en arrivant" : dans la forêt de Fontainebleau, la désolation après l'incendie qui a ravagé la faune et la flore "Plus on se rapproche du sud de la France, plus les extensions des sinistres à cause des sautes de feu sont fréquentes", précise Eric Brocardi. La végétation de cette région géographique, où les pinèdes sont nombreuses, est en effet propice au phénomène. "Lors d'un incendie, les pommes de pin absorbent beaucoup de gaz et se transforment en projectiles incandescents. Il y a un effet missile", explique le porte-parole des sapeurs-pompiers.Les sautes de feu peuvent aussi être "liées aux cendres présentes à l'intérieur des fumées", rappelle-t-il. Avec le vent, ces "particules incandescentes se déposent plus loin" et peuvent générer un nouveau départ de feu, affirme-t-il.Une intervention des pompiers rendue "délicate"Ce phénomène, qui accélère la propagation du feu et crée des foyers secondaires, complique le travail des pompiers. Les sautes de feux rendent en effet les incendies plus "difficilement maîtrisables", relate Eric Brocard. Ils rendent en effet "délicate la lecture du feu et compliquent la stratégie opérationnelle à mettre en œuvre pour essayer de le contenir rapidement", détaille-t-il.

À lire aussi Incendies : les pompiers en alerte maximale face au risque de feux de forêt En intervention, "vous allez croire que vous avez maintenu le feu. Et puis vous vous retournez et le feu a en fait pris 100 mètres plus loin", illustre Eric Brocardi. Une méthode existe toutefois afin de tenter de prévenir le développement du feu par la projection de sautes. Les pompiers peuvent en effet positionner "des engins (...) dans le massif, côté opposé au feu, pour intervenir plus rapidement", détaille sur son site l'observatoire des forêts françaises.