L'armée israélienne a annoncé mercredi 5 août mener des frappes sur le sud du Liban , en réponse selon elle à une violation du cessez-le-feu par le Hezbollah pro-iranien, et au moment où se tiennent des négociations entre Israël et le Liban à Rome .
Selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI), une personne a été tuée et onze blessées dans une frappe ayant "visé le toit d'une salle de prière dans le cimetière" de Tebnine.
L'armée israélienne avait auparavant émis, pour la première fois depuis plusieurs semaines, un ordre d'évacuation pour un autre village en prévision de bombardements.
"À la lumière des violations de l'accord de cessez-le-feu par le Hezbollah, l'armée israélienne est contrainte d'intervenir avec force (...). Pour votre sécurité, vous devez évacuer immédiatement vos maisons", a ainsi publié sur X la porte-parole arabophone de l'armée, Ella Waweya, dans un message adressé aux habitants d'Al-Mansouri.
Cette localité, située à environ neuf kilomètres au sud de Tyr et à dix kilomètres au nord d' Israël , a été la cible, ainsi que ses environs, de plusieurs frappes israéliennes et de tirs d'artillerie au cours des dernières semaines , malgré un cessez-le-feu entré en vigueur en juin.
Le 22 juin, la municipalité avait informé les habitants qu'ils pouvaient rentrer chez eux, tout en leur demandant d'éviter la partie de la ville située dans la "zone de sécurité" instaurée par Israël.
Cette zone dans le sud du Liban désigne une bande de territoire où les forces israéliennes poursuivent leurs opérations. Elle s'étend sur environ dix kilomètres, le long de la frontière, et est censée protéger les habitants du nord d'Israël.
Ces nouvelles frappes israéliennes surviennent alors que le Liban et Israël tiennent à Rome des pourparlers sous parrainage américain, portant sur le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël – sous réserve d'un désarmement du Hezbollah pro-iranien, qui refuse.
Une première "zone pilote", la localité de Zawtar al-Gharbiya, a vu en juillet l'armée libanaise reprendre le contrôle et les habitants rentrer.
Un responsable du département d'État américain a déclaré à l'AFP que les discussions israélo-libanaises de cette semaine porteraient notamment sur "l'élargissement du processus de zone pilote, le règlement de toutes les questions frontalières en suspens et les travaux en vue d'un accord global de paix et de sécurité".
Mardi, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem , a affirmé que ces discussions directes n'apporteraient au Liban "rien d'autre que la honte, l'humiliation et des compromis successifs".
Le mouvement chiite a rejeté à plusieurs reprises les négociations directes et refuse de remettre ses armes. Il avait entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient en mars en tirant des roquettes sur Israël, en soutien à Téhéran, visé par une offensive israélo-américaine.
Israël a répliqué par de lourds bombardements aériens et une invasion terrestre dans le Sud, faisant, selon Beyrouth, plus de 4 300 morts et provoquant, au pic des violences, le déplacement de plus d'un million de personnes.
Les hostilités ont diminué depuis la signature en juin d'un protocole d'accord irano-américain sur le conflit au Moyen-Orient, incluant un cessez-le-feu au Liban, et la conclusion d'un accord-cadre entre le Liban et Israël parrainé par Washington. Mais le Liban continue de faire état de frappes et de tirs d'artillerie israéliens sporadiques, ainsi que de dynamitages et démolitions dans des villages du Sud.






