L’« économie de résistance » est une doctrine qui date de 2014 en Iran. Ce n’est toutefois qu’en 2020, après le retrait des États-Unis de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien (JCPOA) sous l’administration Trump, que les dirigeants iraniens ont commencé à mettre en œuvre un programme de réduction massive de la dépendance du pays vis-à-vis de l’étranger, afin de renforcer sa résilience face aux sanctions.

La guerre et le blocus maritime américain mettent actuellement cette stratégie à l’épreuve. S. '> 35 . Les exportations de pétrole sont à l’arrêt depuis le début du mois d’août, alors que les terminaux d’exportation semblent être largement inactifs. '> 36 . Les réserves de pétrole iraniennes en mer sont tombées à 60 millions de barils, soit trois fois moins qu’en avril. Les décennies de sanctions subies par le régime iranien lui confèrent une certaine résilience.

Du côté américain, l’administration républicaine semble ne disposer d’aucune option viable en matière d’escalade militaire, tant les stocks de munitions et d’intercepteurs sont réduits, et les troupes éprouvent déjà la fatigue après plus de six mois de déploiement.

Dans une lettre adressée au Pentagone, le sénateur démocrate Blumenthal demande par exemple des explications sur la manière dont la prise en charge des marins et des membres d’équipage à bord de l’USS Lincoln, déployé dans le détroit depuis environ sept mois sans interruption, est assurée. Ceci témoigne de la pression qui pourrait s’accentuer sur l’administration.

C’est dans ce contexte que les déclarations de Trump, axées désormais sur la pression économique peuvent être comprises. Le 9 août, le président américain a déclaré : « Nous ne menons que des négociations partielles avec eux. Nous nous contentons d’observer l’Iran avec son énorme inflation et le fait qu’il n’ait pas d’argent. » Scott Bessent, le secrétaire au Trésor, a lui aussi menacé l’Iran d’un « isolement économique comme le monde n’en a jamais vu ».

Du côté iranien, le régime semble ne pas avoir encore tranché sa stratégie : certaines voix sont favorables à la conclusion d’un accord avec les États-Unis, tandis que d’autres comptent sur un affaiblissement de l’administration lors des élections de mi-mandat de novembre.

C’est dans ce contexte que Majid Shakeri, conseiller du président du Parlement iranien Mohammad Ghalibaf, a déclaré : « La voie vers la victoire n’est ni le combat, ni un accord, mais la gestion d’un processus qui n’est ni la guerre, ni la paix, jusqu’à la victoire. » Confirmer publiquement des négociations avec les États-Unis relèverait de la pure folie. » « L’approche gagnante repose sur le déni, l’ambiguïté et la patience stratégique.

» Cette stratégie pourrait toutefois être mise à l’épreuve par un durcissement des sanctions économiques de la part des États-Unis. Dans ce cas, Téhéran pourrait chercher à sortir de l’impasse actuelle par une escalade, soit directement, soit via les Houthis, ce qui restreindrait encore davantage les flux énergétiques régionaux. Le 13 août au soir, deux navires ont été visés dans le détroit, une opération que les Émirats arabes unis ont dénoncée comme une attaque de l’Iran.

Le ralentissement des exportations de pétrole et de produits pétroliers prive Téhéran de l’un de ses principaux leviers de stimulation de la croissance. S. '> 37 . L’inflation annuelle est supérieure à 80 % depuis trois mois – avec des pics à 260 % pour les huiles et les graisses, 147 % pour le lait et le fromage et 117 % pour le pain et les céréales –, et le rial iranien continue de perdre de la valeur par rapport au dollar. '> 38 .

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