Cinq victimes de Jacques Leveugle ont déposé plainte depuis l'appel à témoins lancé par le parquet de Grenoble en février dernier, indique le procureur de Grenoble dans un point presse suivi par ICI Isère, vendredi 24 juillet. Jacques Leveugle, 79 ans, est mis en examen pour viols et agressions sexuelles aggravés sur 79 mineurs, tous des garçons, dans plusieurs pays, entre 1971 et 2023, soit sur plus de 50 ans.

Jacques Leveugle est aussi soupçonné du meurtre de sa mère et de sa tante, dont les faits sont prescrits. Il est en détention provisoire depuis sa mise en examen. À lire aussi Agressions sexuelles et viols pendant 55 ans, 89 victimes mineures et des aveux consignés…

Ce que l'on sait de l'affaire de pédocriminalité mettant en cause Jacques Leveugle L'enquête a débuté en octobre 2023, lorsque le neveu de Jacques Leveugle a récupéré des clés USB dans sa chambre, dans lesquelles il a découvert des mémoires écrits par son oncle dans 15 tomes numériques regroupant 3 000 pages. Ce neveu a ensuite remis ces fichiers à la brigade de gendarmerie de Vizille, dans l'Isère.

Des "rumeurs précises sur ses comportements déviants avec des mineurs"Dans ces mémoires, le septuagénaire "est dans une forme de justification du bien-fondé de son action", affirme Étienne Manteaux. "Il cite des intellectuels des années 70, évoque l'éveil sexuel des adolescents, qui était un discours très en vogue à l'époque. ", explique le procureur. Le parquet de Grenoble avait donc décidé de lancer cet appel à témoins le 10 février 2026.

Il a permis de retrouver "cinq victimes authentiques" qui n'avaient jusque-là pas été identifiées. Entre 2000 et 2023, Jacques Leveugle vivait au Maroc. "La plupart des victimes les plus récentes sont susceptibles d'être au Maroc", a précisé Étienne Manteaux. Le septuagénaire a "globalement reconnu la matérialité des faits"Plus globalement, sur les 79 mineurs identifiés, 55 ont pu être entendus et ont dénoncé des faits, mais 24 seulement ont déposé plainte.

Le fait notamment "de l'ambivalence" de certaines victimes, affirme le procureur de Grenoble, qui sont "dans une forme de reconnaissance par rapport à ce que Monsieur Leveugle, a pu leur permettre en termes d'accès à la culture, de financement d'études ou de permis de conduire". À ce jour, "la plupart des investigations" sont quasiment "accomplies", affirme le procureur. Sur les 55 victimes entendues, l'immense majorité des faits sont trop anciens pour être jugés.

À ce stade, les faits ne sont pas prescrits pour seulement deux victimes. L'une d'elles est aujourd'hui âgée de 45 ans. Elle évoque des faits commis lors d'un séjour en Allemagne en 1993. Selon le procureur de Grenoble, le septuagénaire a "globalement reconnu la matérialité des faits" et "amorce tout doucement des débuts de remords".

Le parquet de Grenoble va demander le renvoi de Jacques Leveugle, devant une cour criminelle pour les deux victimes qui rapportent des faits non prescrits. Les victimes dont les faits sont prescrits pourront, elles, être entendues en tant que témoins. Un procès est envisagé pour 2027, au regard de l'âge avancé du mis en cause, qui aura 80 ans au mois de septembre.