Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Il est temps pour Michel Monnereau de quitter la maison prêtée par un ami. Il vient d'apprendre il y a à peine une heure, ce lundi 17 août, qu'il peut enfin rentrer chez lui, à Luglon, dans les Landes. Son village est évacué depuis jeudi dernier. Les paysages sont intacts, tous préservés à proximité de la commune, mais le feu est omniprésent dans sa tête.

"J'ai un collègue qui a perdu sa maison à Biscarrosse. Ce sont des choses auxquelles on commence à s'habituer", explique-t-il. "On a eu de la chance"Pourtant, le feu n'était pas bien loin, en témoigne une photo. Aujourd'hui, soulagement et sourire, malgré ces derniers jours d'angoisse : Michel ne veut pas quitter son petit paradis. Sa voisine ne songe pas non plus à s'éloigner de cette forêt des Landes où elle vit depuis plus de 30 ans.

Pourtant, à peine arrivée, elle constate avec émoi que le sol est jonché d'écorces de pin calcinées. "Tout simplement, c'est arrivé, vous voyez. Il y en a partout. Donc, on a eu de la chance", constate-t-elle. Tous se le disent, ils ont eu beaucoup de chance. Car cette fois-ci, Luglon a été épargné.