"La solution unique du stockage d'eau, on voit bien que ça ne fonctionne pas", rappelle jeudi 6 août sur franceinfo l'hydroclimatologue Florence Habets, chercheuse au CNRS. Mercredi, le gouvernement a annoncé un plan "global" pour ne laisser "aucun agriculteur seul" face aux canicules, à la sécheresse et aux incendies. Parmi les mesures annoncées, mais pas encore détaillées, il est question d'"adapter les mesures de gestion de l'eau" afin de "concilier la préservation de la ressource en eau avec la continuité des productions agricoles". À lire aussi "On atteint un paroxysme", alerte Voies navigables de France après la suspension de la navigation sur le canal de Bourgogne en raison de la sécheresse "La situation des éleveurs, et notamment en extérieur, est très difficile parce que l'herbe des prairies ne pousse pas, ils sont dans une contrainte très forte", note Florence Habets. Cependant, elle préconise de ne pas seulement travailler sur le stockage d'eau, mais aussi sur la sobriété de notre consommation. L'hydroclimatologue rappelle que la loi d'urgence agricole, votée par le Parlement le 21 juillet, prévoit déjà de doubler les volumes de stockage d'eau pour les usages agricoles d'ici 2035 et de multiplier par dix les volumes d'eaux usées traitées réutilisées, d'ici 2030 par rapport à 2020. "Ça a été massivement développé dans tout un tas de pays et il n'y a pas d'issue à ça, il n'y a pas un volume idéal qui serait utile puisque la présence d'eau favorise la consommation d'eau, c'est un cercle vicieux", constate Florence Habets."Les sécheresses ne peuvent que s'accélérer""Il faut jouer sur les deux tableaux, et on ne joue pas assez sur la sobriété", répète-t-elle. Les efforts pour avoir un meilleur accès à l'eau, via les nappes phréatiques ou les lâchers d'eau depuis des barrages pour maintenir le débit dans les fleuves, vont devenir "une impasse puisque les sécheresses ne peuvent que s'accélérer, s'intensifier", avertit la chercheuse au CNRS. "On a beaucoup de filières (économiques, dont l'agriculture) qui sont soutenues par des barrages et ce n'est pas une solution tout à fait tenable, les barrages ont une capacité limitée", rappelle-t-elle, tout comme les nappes phréatiques.
À lire aussi : Reportage "Pour un agriculteur, c'est dramatique" : le manque de pluie retarde la récolte du lin et inquiète les cultivateurs En France, 98 départements sont concernés par la sécheresse, dont 57 en situation de crise, avec des restrictions importantes. Lundi, l'Office français de la biodiversité (OFB) a alerté sur la "situation historique et critique pour les petits cours d'eau français" et sur "une dégradation exceptionnelle de l'état de nos rivières à la fin juillet", selon un bilan arrêté au 1er août.
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