Les vagues successives de chaleur en France, la sécheresse et les incendies ces dernières semaines, "c'est ce que nous avions prévu au cours des dernières décennies", souligne jeudi 6 août sur franceinfo Jean Jouzel, paléoclimatologue et ancien vice-président du conseil scientifique du Giec (Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat, créé en 1988 par l'ONU).

À lire aussi Rapports du Giec - actualité et infos en direct sur Franceinfo "C'est ce que nous envisageons depuis une cinquantaine d'années", appuie Jean Jouzel. "J'avais fait le pari dans les années 1980 que le réchauffement climatique deviendrait perceptible vers 2030, que chacun le sentirait. En fait, c'est un peu plus rapide à cause des événements extrêmes qui deviennent vraiment très marqués", observe le paléoclimatologue.

Les mégafeux étaient anticipés dans les rapportsL'évolution des températures moyennes "à l'échelle décennale" ne s'est pas accélérée par rapport aux prévisions du Giec, ce sont surtout les "pics de chaleur", précise son ancien vice-président. Le constat est le même à propos des incendies, qui ont parcouru 120 000 hectares en France depuis le début de la saison, selon le dernier bilan du ministère de l'Intérieur.

"J'aurais aimé qu'Emmanuel Macron soit à la hauteur"Jean Jouzel réitère son appel à "écouter" la communauté scientifique, alors qu'il se dit "déçu" des politiques menées en France ces dernières années, à commencer par la convention citoyenne pour le climat, en 2019. Les recommandations "étaient très riches" et Emmanuel Macron "n'en a pas suffisamment tenu compte, il a trompé les participants à cette convention", accuse le vice-président du Giec.

"J'aurais aimé qu'il soit à la hauteur", regrette Jean Jouzel, même si, selon lui, "on ne peut pas dire qu'il n'ait rien fait non plus". Le paléoclimatologue cite, par exemple, la planification écologique créée en 2022 avec un objectif : baisser de 55% les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la France d’ici à 2030. "Le problème, c'est le fossé entre ce qu'il faudrait faire et ce qui se fait", résume Jean Jouzel.

Le vice-président du Giec prend comme exemple le Haut Conseil pour le climat, créé en 2018, qui "produit d'excellents rapports". 🔴 Climat : E. Macron a-t-il été à la hauteur ? ➡️ "Par rapport à la Convention citoyenne sur le climat, il n’en a pas suffisamment tenu compte.

com/lFqQIKBY23— franceinfo (@franceinfo) August 6, 2026 Pour la prochaine élection présidentielle, le paléoclimatologue renouvelle son appel aux candidats à "prendre ce problème à bras le corps", car aujourd'hui, il "ne voit pas beaucoup de candidats potentiels à l'élection prendre au sérieux ce problème de réchauffement climatique". "Ce n'est pas un jeu.

", martèle Jean Jouzel, "il en va du bien-être de nos populations, de la capacité des jeunes d'aujourd'hui à s'adapter au réchauffement climatique".