Ce réseau de caméras s’appelle Flock et il est très vaste, car ces caméras servent d’abord à identifier des plaques d’immatriculation. Elles ressemblent à un gros téléphone, pas à des caméras de surveillance classiques. On les trouve souvent reliées à un petit panneau solaire. Il y en a 120 000 à travers les États-Unis. Elles filment 20 milliards de plaques chaque mois et une intelligence artificielle permet de reconnaître ces plaques sous la pluie ou même de nuit.

Flock génère 7 milliards de dollars de revenus par an et il n’y a pas de lois fédérales concernant ce type de caméras, seulement quelques législations à l’échelle des États, donc les règles peuvent varier d’une police municipale à l’autre. Des abus de la part de policiersLe Washington Post a publié une longue enquête sur le sujet. Plus de 50 policiers ont déjà été accusés de se servir de ces caméras à des fins personnelles.

Le Post cite l’exemple de cette femme, à Atlanta, dont l’ex-petit ami semblait connaître les déplacements quand il lui envoyait des textos. Il a lancé 600 recherches sur sa plaque d’immatriculation et sur celle de sa fille. Inculpé, il a été retrouvé mort chez lui avant son procès. Dans le Wisconsin, un agent aurait vérifié que son ex-petite amie n’était pas allée dans une clinique pour se faire avorter.

En Floride, un policier a failli causer un accident mortel en suivant une jeune actrice repérée grâce à sa plaque d’immatriculation. Limiter les abusLa société assure qu’elle travaille sur des outils pour contrer ce phénomène. Dans le même temps, Garrett Langley, le fondateur et PDG de l’entreprise, insiste sur le fait que ces quelques dizaines de policiers qui abusent de la technologie, c’est peu par rapport aux dizaines de milliers d’utilisateurs dans le pays.

Il rappelle que rien qu'en 2025, par exemple, Flock a aidé la police dans plus d’un million d’enquêtes. Cela dit, sans même évoquer ces affaires de harcèlement, une forme de mécontentement se fait sentir face à ce qui s’apparente, selon certains, à une surveillance généralisée. CNN rapporte que ces derniers mois, des caméras ont été détruites dans l’État de New York, en Californie, en Virginie occidentale ou dans l’Idaho.

En Floride, un homme est resté des heures devant une caméra avec une pancarte pour l’empêcher de filmer et plusieurs villes, dont Knoxville dans le Tennessee, ont rompu leur contrat avec Flock.