Le Premier ministre a annoncé, lundi 17 août, des mesures destinées aux entreprises touchées par les incendies en Gironde. "Tout ce que je sais, c'est que ça correspond aux attentes", a affirmé Sébastien Lecornu. Globalement oui, estiment les entreprises girondines, mais il y a quelques bémols. À lire aussi "Le compte n'y est pas" : le secteur des entreprises sur la réserve après les annonces de Sébastien Lecornu sur les incendies en Gironde Selon la chambre de commerce de la région, 40 000 entreprises ont été touchées directement ou indirectement par les incendies et 60 000 salariés ont dû cesser leur activité.Le chômage partiel au cœur des attentesAlors que le chômage partiel était l'une des principales demandes, le gouvernement a déclenché le dispositif, mais les entrepreneurs auraient aimé que celui-ci aille plus loin : 70% du salaire est pris en charge, et non pas 100% comme lors de la pandémie. "Cela pose un problème en termes de pouvoir d'achat pour les collaborateurs", déplore ainsi le Medef.
Autre limite : le dispositif est uniquement réservé aux entreprises de moins de 250 salariés. L'objectif est de cibler celles qui en ont le plus besoin, mais certaines vont passer à côté pour quelques salariés et mériteraient, selon plusieurs acteurs du secteur, d'être intégrées. Comme ce groupement de campings par exemple, dont trois établissements ont été directement touchés par les incendies. Dès lors qu'ils appartiennent à un groupement dépassant les 250 salariés, ils ne peuvent pas bénéficier du dispositif.Des aides, mais pas encore garantiesL'autre grande préoccupation des entreprises locales concerne la trésorerie et la capacité à surmonter financièrement cette épreuve. Alors que l'activité perdue ne se rattrapera pas, certaines entreprises ont les moyens de voir venir. Mais pour nombre d'entre elles, notamment celles dont l'activité est uniquement saisonnière, la préparation de la saison suivante qui se fait l'été, a été rendue impossible pour de nombreux hôtels, campings, restaurants et commerces de centre-ville.Le fonds de garantie de 30 millions d'euros est donc accueilli comme une excellente nouvelle. Il doit faciliter l'accès à des prêts garantis. Les coups de pouce fiscaux sont également bienvenus, notamment l'exonération de cotisations sociales et de la taxe foncière pour les entreprises sinistrées ou situées dans les zones évacuées.Mais il faudra désormais voir comment ces mesures seront mises en place. La crainte, du côté des entreprises, est que leur application prenne du temps.
Autre inquiétude : la complexité des démarches, particulièrement pour les PME. "Ce que les entreprises demandent, c'est de la simplification administrative. On ne l'a eue que partiellement", regrette la chambre de commerce de Gironde.Une partie de ces aides reste toutefois soumise au vote du budget 2027. Les mesures fiscales devront notamment être inscrites dans le prochain projet de loi de finances. "L'idée est très bonne, mais on sait que ça ne passera pas, alors qu'il y a toujours moyen de contourner ces difficultés", déplore Mathias Saurat, président du Medef Gironde. Le Medef aurait préféré la mise en place d'une aide spécifique, afin de ne pas dépendre d'un budget jugé très incertain. Au total, l'enveloppe globale des aides pourrait dépasser les 100 millions d'euros.
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