Le gouvernement du Japon s'est félicité, en début de semaine, de la réussite d'un essai de missile Tomahawk, un message destiné à la Chine alors que la Première ministre Sanae Takaichi s'est donné pour mission de faire du Japon une grande puissance militaire. Mais pour les citoyens pacifistes, c'est inadmissible. Notamment à Hiroshima, où survivants et manifestants commémorent, en présence de la Première ministre, le largage, le 6 août 1945, de la première bombe atomique.

À lire aussi : Grand entretien L'arme nucléaire est-elle toujours dissuasive, 80 ans après les bombardements d'Hiroshima et Nagasaki ? "Non à la présence de Takaichi aux commémorations". Depuis mercredi soir à Hiroshima, sous la surveillance de très nombreux policiers, des milliers de Japonais protestent contre la politique de la Première ministre nationaliste.

Tomoko fait partie des manifestants : "Certains avaient l'espoir que ce soit mieux avec une femme cheffe du gouvernement, mais c'est de plus en plus dangereux. On ne peut pas élever nos enfants avec sérénité. Cette Première ministre Takaichi fait tout ce que nous ne souhaitons pas.""Il est important de se rassembler, de montrer notre opposition"Bien que continuant officiellement de souhaiter un monde sans armes atomiques, le gouvernement Takaichi veut une dissuasion nucléaire plus forte. Ce qui révulse Kunihiko Sakuma, un hibakusha, irradié survivant de la bombe d'Hiroshima : "Le gouvernement actuel part du principe que puisque le pays en face possède une force militaire, il faut que le Japon en détienne une aussi, sinon il n'est pas possible de dialoguer, mais c'est faux, il y a d'autres façons de procéder.""Penser que plus il y a d'armes nucléaires, plus on garantit la paix est une grave erreur."Un manifestant pacifiste à franceinfoMais en doublant son budget de défense et en s'autorisant à exporter des armes létales, le Japon est-il toujours un pays pacifiste ? Pour ce trentenaire, la réponse est claire : "Non, on ne peut plus dire cela. En réalité, ce n'est plus le cas parce que le gouvernement Takaichi veut réviser les trois principes anti-nucléaires, réécrire la Constitution et augmenter les dépenses militaires."Par conséquent, renchérit une manifestante, "il est important de se rassembler, de montrer notre opposition, de dire au ministre de la défense Koizumi et à la Première ministre Takaichi qu'on est contre". Tous ceux qui sont réunis depuis mercredi à Hiroshima n'ont qu'un message : "Pas de guerre, un pays pacifique, c'est notre souhait." Plus de 80 ans après les bombardements d'Hiroshima, la politique militaire du gouvernement japonais contestée - Karyn Nishimura écouter (2:01)