En conséquence, la Commission a proposé une révision de la directive sur la taxation du tabac (TTD) afin d’instaurer de nouvelles règles et de freiner la consommation de tabac. Environ un Européen sur quatre fume ou consomme encore du tabac régulièrement. "L’UE enregistre toujours environ 700 000 décès liés au tabac chaque année. Il reste l’une des principales causes évitables de cancer et de maladies cardiovasculaires.

Quelque 300 milliards de cigarettes sont vendues chaque année dans l’UE ; 24 % des Européens fument, avec des taux plus élevés chez les hommes que chez les femmes. Qui fume le plus ? Eurostat fait état de taux allant de seulement 8 % en Suède à 37 % en Bulgarie. Chez les femmes, la consommation la plus élevée est observée en Grèce, à 32 %, tandis que la Suède affiche à nouveau le minimum, avec 8 %.

Les pays d’Europe du Sud et de l’Est enregistrent systématiquement les taux d’usage du tabac les plus élevés, la Croatie et la Grèce maintenant des taux de tabagisme globaux au-dessus de 35 %. Le tabagisme exerce une pression énorme sur les systèmes de santé. Une exposition chronique au tabac et à la nicotine entraîne chaque année des millions d’hospitalisations évitables pour insuffisance respiratoire, accidents vasculaires cérébraux et coronaropathies ischémiques.

La montée des vapes et d’IQOSLa consommation de tabac traditionnel atteint son pic chez les 25‑54 ans. Parmi eux figurent les cigarettes électroniques ou vapes, qui chauffent un liquide contenant de la nicotine et des arômes pour produire un aérosol inhalable, ainsi que les produits de tabac chauffé, comme IQOS, (un appareil conçu par Philip Morris International) qui réchauffent du tabac transformé sans le brûler.

Les autorités sanitaires considèrent ces produits comme moins nocifs que les cigarettes classiques, mais loin d’être sans risque. Des études menées par plusieurs organisations de santé ont identifié des substances potentiellement dangereuses, notamment le formaldéhyde, l’acétaldéhyde et l’acroléine, tandis que la nicotine elle-même reste fortement addictive.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, 11,6 % des adolescents de 13 à 15 ans dans la région européenne utilisent ces produits. "Le marketing et le design des produits sont des moteurs importants. L’UE veut que les fumeurs arrêtentL’UE veut créer d’ici 2040 une "génération sans tabac", où moins de 5 % de la population fumerait. Cet objectif est l’un des piliers du plan européen pour vaincre le cancer.

Mais Bruxelles ne dispose pas du pouvoir d’imposer une interdiction générale de fumer, la politique de santé relevant de la souveraineté des États. Au cours de la dernière décennie, elle a adopté plusieurs textes majeurs. La directive sur les produits du tabac de 2014 (TPD II) a rendu obligatoires des avertissements illustrés couvrant 65 % des paquets et a plafonné la concentration en nicotine des e‑cigarettes à 20 mg/ml.

L’évaluation du cadre de contrôle du tabac a conclu que ces mesures ont permis de faire baisser le taux de tabagisme traditionnel chez les adultes, passé de 28 % à 24 %. La nouvelle directiveLa révision de la directive sur la taxation du tabac proposée par la Commission vise à rendre les produits du tabac et de la nicotine nettement plus chers en relevant les droits minimaux dans toute l’UE. La Commission a présenté cette proposition en juillet 2025.

En juin 2026 toutefois, le Parlement européen a rejeté son propre rapport consultatif sur le dossier, après que des groupes politiques de tout l’échiquier ont voté contre un texte de compromis largement amendé. Comme la législation fiscale relève de la procédure législative spéciale de l’UE, l’avis du Parlement n’est pas contraignant. "Beaucoup de gens pensent que le Parlement européen fixe les futurs taux d’accise. Ce n’est pas le cas.

Parallèlement, les pays mettent en place des interdictions nationales sur leur territoire. Ce qui pourrait changer si la directive est adoptéeLa directive révisée exercera une forte pression sur les cigarettiers en s’attaquant à leurs bénéfices. L’industrie reste un poids lourd économique en Europe, avec un chiffre d’affaires annuel total d’environ 130 milliards d’euros dans l’ensemble du bloc.

Concrètement, les fabricants ne pourront plus utiliser les produits de nouvelle génération comme échappatoires fiscales à faible taxation pour compenser la baisse des revenus liés aux cigarettes classiques. Les restrictions dans les espaces publics se durcissent également dans plusieurs États membres via des législations nationales distinctes.

La Belgique, la France et les Pays-Bas ont déjà instauré des règles plus strictes sur le vapotage et le tabagisme dans les lieux publics. Si la TTD révisée est finalement adoptée, les fumeurs dans toute l’UE devront aussi faire face à une hausse significative du prix des cigarettes et de nombreux produits nicotinés alternatifs.