Un autre rappel massif, une fois encore lié au logiciel et à la sécurité. Le rappel concerne environ 848 000 véhicules aux États-Unis, 83 000 au Canada, 8 000 au Mexique et quelque 15 000 sur les marchés hors Amérique du Nord.

Plusieurs modèles des millésimes 2026 et 2027 sont concernés, notamment les Chrysler Pacifica, Pacifica Plug-in Hybrid et Voyager, les Dodge Charger, Jeep Cherokee, Compass, Gladiator, Grand Cherokee, Grand Wagoneer et Wrangler, ainsi que des modèles Ram. Stellantis prévoit de résoudre le problème grâce à une mise à jour logicielle over-the-air.

Le coût direct de cette campagne devrait être relativement limité justement parce que la solution est numérique et peut être déployée à distance. Ce n'est pas le premier rappel lié à la caméra de reculCe nouveau cas présente un aspect particulièrement sensible. Ce rappel avait concerné environ 1,03 million de véhicules aux États-Unis et 126 000 autres au Canada, incluant les modèles Dodge Durango, Chrysler Pacifica, Jeep Grand Cherokee, Ram et Wagoneer.

13,4 millions de véhicules rappelés en 2025Les chiffres du dernier bilan décrivent une situation que Stellantis lui-même considère comme problématique. Cette hausse s'explique notamment par deux grandes campagnes qui ont, à elles deux, concerné 5,6 millions de véhicules : l'une portant sur les moteurs diesel 1,5 litre DV5R et l'autre liée au logiciel du système de diagnostic embarqué.

Au second semestre 2025, Stellantis a enregistré une charge d'environ 5,3 milliards d'euros liée à la révision des estimations de provisions pour garanties contractuelles. En d'autres termes, le problème ne tient pas seulement au coût de la réparation des véhicules rappelés. Selon l'analyse de Warranty Week des comptes des constructeurs européens, Stellantis a consacré en 2025 environ 11,65 milliards d'euros aux provisions pour garanties, soit 84 % de plus qu'en 2024.

Ce chiffre doit être interprété avec prudence : les provisions ne correspondent pas à un coût immédiat et ne sont pas toutes directement liées aux rappels. Pour cette dernière campagne, il n'existe pas encore de chiffrage officiel distinct. Le principal risque économique est plutôt indirect : des campagnes répétées impliquent plus d'activités de contrôle, de services, de gestion de la clientèle et de possibles pertes de ventes.

En février 2026, le groupe a annoncé un profond "reset" de ses activités, après avoir comptabilisé environ 22,2 milliards d'euros de charges au second semestre 2025. La direction affirme cependant que la situation en matière de qualité a déjà commencé à s'améliorer. Ce nouveau rappel ne suffit donc pas, à lui seul, à prouver que le processus d'amélioration a échoué.

La question ne se résume pas à un million de camérasAu fond, l'enjeu n'est pas les 955 000 véhicules concernés par cette dernière campagne.

Le véritable problème, c'est la somme des signaux : 7,3 millions de rappels en 2024, 13,4 millions en 2025, plus d'un million de véhicules concernés par le précédent rappel lié à la caméra de recul et, en juin 2026, plus de 1,3 million de Jeep Wrangler et Gladiator rappelées en raison d'un problème de faisceau de la pompe de direction assistée électrique susceptible de provoquer un incendie. Pour un constructeur automobile, la qualité n'est pas seulement une ligne de compte.

Voilà pourquoi le rappel annoncé aujourd'hui peut être géré sur le plan économique, mais être bien plus coûteux sur le plan de l'image. Le défi pour Stellantis sera de démontrer que les rappels massifs appartiennent à la phase précédente et que le nouveau cap annoncé par la direction est réellement capable de remettre la fiabilité, la qualité et la confiance au cœur du groupe.