"Je vais plonger dans la Seine comme si c'était la première fois", se réjouit Madeleine Bayon, qui revient à Paris, vendredi 7 et samedi 8 août, trois ans après sa première compétition mondiale au même endroit. "Je suis très contente parce que mon niveau de plongeon était vraiment bas à l'époque", confie-t-elle à franceinfo: sport à la veille de défendre les couleurs de l'équipe de France dans la capitale. "Et puis, je ne pourrais jamais être aussi stressée que pour cette première compétition mondiale où j'ai plongé devant des milliers de personnes", sourit-elle à l'heure de participer à ses premiers championnats d'Europe. Voir cette publication sur Instagram Une publication partagée par Madeleine Bayon (@madoubayon)A 26 ans, la plus Frenchie des Espagnols vit à Madrid, travaille avec un staff local et revendique son indépendance. "Madeleine s'entraîne en Espagne, moins dans un collectif que Gary (Hunt)", explique Clémence Monnery, l'entraîneuse du plongeon chez les Bleus, qui admet peu la côtoyer en dehors des compétitions fédérales. Une indépendance que la native de Lisbonne (Portugal) assume sans ambages. "Toutes mes compétitions sont aussi importantes, que je plonge en tant que Madeleine Bayon ou pour l'équipe de France", affirme-t-elle.Le dépassement de soi comme leitmotivNon permanente sur le circuit Red Bull au contraire de son compatriote en bleu, Gary Hunt, Madeleine Bayon revendique son parcours et ses choix professionnels. Première Française de l'histoire à participer à des compétitions mondiales de plongeon extrême, elle a, depuis bientôt deux ans, quitté le monde de l'entreprise, un CDD chez Amazon Web Services, pour se consacrer à sa discipline. "Je ne vis pas de mon sport au sens où je ne suis pas payée pour plonger. Mais je fais des conférences en entreprise sur le dépassement de soi notamment, des collaborations avec des marques, de l'influence et je touche des prize money quand je participe aux compétitions Red Bull". Voir cette publication sur Instagram Une publication partagée par Madeleine Bayon (@madoubayon)La raison pour laquelle elle a choisi le plongeon à 20 mètres ? "Pour le côté physique et technique, répond-elle d'abord à franceinfo: sport. Et parce qu'on arrive par les pieds et non par la tête, ce qui est plus habituel pour moi vu que je viens de la gymnastique", développe la plongeuse tricolore. Et puis la partie mentale du plongeon extrême m'attirait beaucoup". Car l'entrée dans l'eau se fait entre 70 et 75 km/h, une vitesse qu'il faut savoir maîtriser."C'est une hauteur où on peut se faire très mal, c'est très haut, c'est dangereux à chaque fois donc il faut un contrôle le plus parfait de ses émotions"

Madeleine Bayonà franceinfo: sport"Quand je monte les escaliers, j'ai déjà décidé de plonger", garantit celle qui après des années d'accompagnement psychologique en équipe de France jeune de gym, a ajouté la préparation mentale cette année à son programme. "Elle me permet d'avoir plus d'outils pour gérer le stress, la pression", même si elle admet n'avoir pas révolutionné sa façon d'aborder le plongeon extrême.Un "plongeon signature" là où tout a commencéDe novice dans la discipline en 2023, Madeleine Bayon a pris du galon. "Sa marge de progression est énorme", soulignait d'ailleurs Hassan Mouti en 2023 dans L'Equipe. Le directeur de compétition Red Bull Cliff Diving à Paris pour sa première participation était particulièrement curieux de découvrir jusqu'où elle pouvait aller. Après trois ans en compétition à 20 mètres, elle "sait ce qu'elle doit faire, où elle veut aller", assure Clémence Monnery qui admet que l'équipe de France "a de l'ambition".Et pour y parvenir, Madeleine Bayon présentera au public français son "plongeon signature", qu'elle a créé cette année. Inspiré de ses années de gymnastique, la plongeuse est fière de se démarquer de ses adversaires qui souvent réalisent "un plongeon spécifique aux 10 mètres et ajoutent un salto pour se redresser et arriver par les pieds". Il fait partie des quatre qu'elle a au programme pour cette compétition dans l'écrin de la Seine, un site naturel, une des raisons pour lesquelles elle a opté pour le plongeon extrême. "Je préfère plonger dans des endroits incroyables plutôt qu'enfermée dans une piscine". Et quoi de mieux que là où tout a commencé ?