Ce n'était peut-être pas le plus attendu, mais c'est bien lui qui a levé les bras à Pau, ville presque incontournable du Tour de France, pour s'adjuger la première étape promise aux sprinteurs de cette 113e édition. Le sprinteur néerlandais Olav Kooij a remporté la 5e étape de la Grande Boucle, mercredi 8 juillet, après 158,3 kilomètres de traversée entre Lannemezan et Pau, son premier succès dans l'épreuve. Au terme d'une étape tendue dans le final, Olav Kooij (CMA CGM) a réglé le sprint devant Kanter et Merlier pour cette arrivée à Pau. Le Néerlandais remporte la première victoire de sa carrière sur le Tour de France. 4min Il permet surtout à sa formation, Decathlon-CMA CGM, sous le feu des projecteurs depuis le Grand Départ de Barcelone, de décrocher son premier bouquet sur cette édition. Et de valider le double objectif mis en place sur l'épreuve, avec Olav Kooij pour chasser les victoires au sprint, donc, et le novice et ambitieux Paul Seixas pour la quête du classement général."Déjà un objectif qui est fait""C'est une étape à double enjeu. Ça fait quatre jours que les sprinters attendent, notamment pour nous Olav. C'est un premier sprint pour lui qui est important. Et puis évidemment sur le Tour, il n'y a jamais vraiment d'étapes tranquilles, donc être vigilant avec le classement général pour Paul", prévenait Aurélien Paret-Peintre avant le départ à Lannemezan. Quelques heures plus tard, à Pau, toutes les cases ou presque avaient été cochées. "On a deux objectifs, le classement général avec Paul et la victoire d'étapes. Donc, il y a déjà un objectif qui est fait", a d'ailleurs résumé le directeur sportif Julien Jurdie dans le paddock à l'arrivée.Cette première ambition a été atteint grâce à l'adresse et l'opportunisme d'Olav Kooij, l'invité de dernière minute dans la composition d'équipe. Il a su tirer son épingle du jeu après une chute juste avant la zone des cinq kilomètres qui a semé le désordre dans le peloton. "Les quelques premières étapes étaient assez dures, celle-ci je l'avais cochée. Il n'y aura pas tant d'occasions, quand on peut en saisir une direct, c'est formidable", a savouré le héros du jour au micro de France Télévisions.Un sprint et un accompagnement de Seixas bien gérésDans un final confus, il a été amené avec brio par ses poissons-pilotes, qui sont restés dans le bon tempo. Une organisation que le Belge Tiesj Benoot avait détaillée la veille : "Demain, l'objectif c'est de rester en sécurité, pas de crevaison ou de chute dans le final. On a aussi Olav qui peut gagner l'étape, donc on doit bien gérer. Je l'ai fait avec Visma avec Wout et Jonas, alors ça va aller." Au sein de la formation tricolore, chacun connaissait son rôle à jouer dans le final, comme l'avait expliqué Aurélien Paret-Peintre au départ.On va se contenter d'amener Olav jusqu'à 10-15 kilomètres. Après, il y a vraiment deux coureurs pour lui, Daan [Hoole] et Cees [Bol]. Et puis nous, on prendra une petite marge de sécurité pour regarder un peu le sprint de loin. Mais pas de risque pour Paul. Peut-être que nous les grimpeurs, on aura une petite contribution pour placer l'équipe, mais rien de bien méchant quand même.Aurélien Paret-Peintre, coureur Decathlon-CMA CGMà franceinfo: sportAlors que le Néerlandais s'acquittait du protocole post-étape, à son bus, ses coéquipiers célébraient sa victoire avec joie, comme Nicolas Prodhomme : "C'est une case de cochée.

C'est trop bien pour Olav : il a passé une première partie de saison compliquée avec ce virus, c'est vraiment un bon mec, ça me fait plaisir qu'il gagne." Au milieu du brouhaha, deux coureurs XDS-Astana lancés en direction de leurs bus ont même pris le temps d'adresser leurs félicitations aux voitures Decathlon-CMA CGM.Olav Kooij, en délicatesse pendant plusieurs semaines à cause de soucis de santé, avait notamment été choisi dans la sélection du Tour pour partager le leadership avec le prodige Paul Seixas, et retirer un peu de lumière à son jeune camarade. "On sait que ça peut aussi soulager Paul par rapport à la pression. Donc on ne voulait pas louper ce premier objectif", a précisé Julien Jurdie. "Parce qu'on sait qu'il y aura plusieurs occasions, mais plus tôt on la met, et mieux c'est. Il y a beaucoup de satisfaction aujourd'hui."Dose de confiance pour la suite ?Car en parallèle de la victoire du Néerlandais, la formation française a aussi su protéger son leader, pris dans une cassure après la chute dans le final mais sans conséquence sur le classement général, et surtout sans être tombé. "C'est un énorme plaisir. Olav a galéré tout le début de la saison, c'est vraiment beau de le voir gagner ici. On va pouvoir fêter ça ce soir", a assuré le jeune Français sur le plateau de Vélo Club après l'étape.KOOIJ 🤝 SEIXAS#TDF2026 pic.twitter.com/uQrFNUAYqx— Tour de France™ (@LeTour) July 8, 2026 "Demain on va changer nos fusils d'épaule et on va partir à la bataille avec Paul pour le classement général", a également assuré Julien Jurdie, pour qui Olav Kooij "peut encore gagner deux fois cette semaine", sans même penser à un éventuel "bonus" pour Paul Seixas "dès demain sur le Tourmalet" : "Ça permet honnêtement de libérer tout le monde. Paul le premier, nous les directeurs sportifs également."De quoi définitivement valider la stratégie choisie par l'équipe ? Pas déjà, selon le directeur général Dominique Serieys, qui a tenu à relativiser : "C'est facile d'argumenter ou de critique la stratégie. La stratégie, on la verra quand on sera sur les Champs-Elysées. Le chemin est encore très long." Tout en saluant un Tour de France "bien enclenché", après "deux derniers Tours sans une victoire". Il y aura sans doute des opportunités pour en ajouter d'autres au compteur.