"Enfin un endroit sans wesh et sans wallah. Un lieu où l’on se sent en sécurité". Ou encore "un endroit sans eux, un endroit paisible", peut-on lire sur une image qui montre un paysage de campagne. Ces vidéos qui font le lien entre immigration et insécurité se multiplient sur TikTok et sur Instagram.Mais depuis quelques semaines, celles et ceux qui sont visés par ces propos racistes prennent la parole avec humour. Ils récupèrent la vidéo de base et répondent : "On arrive !". S'ensuivent des montages vidéos de jeunes Français noirs et maghrébins en vacances entre amis ou en famille, à la campagne ou dans divers paysages Français. @243kimia On arrive😘 #randonee #wsh #ayanakamura #larvfleuse ♬ son original - NYLON France "Reclaiming racial dignity"Et ce détournement, ce n’est pas seulement une façon de répondre à des attaques. Des chercheurs parlent de "reclaiming racial dignity", autrement dit, se réapproprier sa dignité et son image quand on est soi-même la cible de propos racistes. Sur les réseaux sociaux, les personnes visées peuvent reprendre les codes utilisés contre elles, les détourner, et raconter leur propre histoire.Derrière la tendance sur TikTok, un phénomène alarmant. En France, en 2025, près de 9 700 crimes et délits à caractère raciste ou antireligieux ont été enregistrés par la police et la gendarmerie, c'est 5% de plus qu'en 2024. Plus d'un million de personnes déclarent chaque année être victimes d'une atteinte à caractère raciste.

Et l'on retrouve cela sur internet : au premier semestre 2025, près de 20 000 signalements pour discriminations ont été enregistrés sur Pharos, la plateforme du gouvernement qui permet de signaler des comportements interdits sur Internet. La commission nationale des droits de l’homme estime que les réseaux sociaux participent à la viralité des préjugés, notamment parce que les algorithmes exposent très tôt à des contenus dégradants. Pour rappel, publier des propos discriminants ou racistes sur les réseaux est illégal : ces personnes risquent un an de prison et 45 000 euros d’amende.