L'écrivain et scénariste Didier Decoin, ancien président de l'Académie Goncourt, s'est éteint dans la matinée du mercredi 5 août à l'âge de 81 ans. Il laisse derrière lui une œuvre prolixe composée de romans, d'essais et de scénarios. En 1977, il recevait pour John l'Enfer le prestigieux prix Goncourt. Au cinéma ou à la télévision, les textes de ce "camarade d'une humanité profonde", comme le décrit l'Académie Goncourt dans le communiqué annonçant sa disparition, seront également récompensés.Le livre "John l'Enfer", prix Goncourt en 1977Né le 13 mars 1945, Didier Decoin a 20 ans lorsqu'il publie son premier livre, Le Procès à l'amour en 1966. Une décennie plus tard, sa prose est saluée par ses pairs. Il reçoit en 1977 le prix Goncourt pour John l'Enfer, récit d'un homme solitaire dans l'Amérique contemporaine. C'est l'histoire de John, un laveur de vitres d'origine cheyenne, qui observe la décadence de New York depuis les hauteurs des gratte-ciel.Le roman explore des thèmes comme la solitude, la quête d'identité et la confrontation entre les cultures amérindiennes et occidentales. Pour l'écrivain, le Goncourt est une lettre de mission, celle "d'écrire encore mieux". L'écrivain français Didier Decoin pose après avoir reçu le prix Goncourt pour son roman "John l'Enfer", le 22 novembre 1977, à Paris. (AFP) Le film "Hors la vie", prix spécial du jury au Festival de Cannes en 1991Fils du cinéaste Henri Decoin, Didier Decoin connaît bien les plateaux de cinéma. Alors en quête de plus d'indépendance, il rajoute naturellement la casquette de scénariste à celle d'écrivain. L'auteur collabore avec plusieurs metteurs en scène et scénaristes, comme lui, dont Maroun Bagdadi qui réalise Hors la vie. Avec Elias Khoury, ils adaptent le livre Un otage à Beyrouth du journaliste Roger Auque. Le long-métrage sera présenté en compétition au Festival de Cannes en 1991.

Son héros : Patrick Perrault, photographe français free-lance, parti à Beyrouth couvrir l'interminable guerre, est incarné par Hippolyte Girardot. Au Liban, Patrick Perrault est pris en otage et sa vie bascule dans une longue nuit sauvage. L'œuvre est le récit de sa réclusion, l'histoire d'une ville et d'un peuple séquestrés par un conflit qui durera quinze ans. Sur la Croisette, Hors la vie décroche le prix spécial du jury au terme du festival.La mini-série télévisée "Le Comte de Monte-Cristo", Sept d'or du meilleur scénario en 1999Didier Decoin est un homme de cinéma, mais davantage encore un homme de télévision où il multiplie les projets, scripts originaux ou adaptations. C'est le cas du célèbre roman d'Alexandre Dumas que l'écrivain adapte pour la télévision. La réalisation de la mini-série franco-italienne de quatre épisodes, diffusée en 1998, est confiée à Josée Dayan qui s'offre alors une belle distribution. On y retrouve, entre autres, Gérard Depardieu, Ornella Muti, Jean Rochefort et Pierre Arditi. Avec eux, le téléspectateur se retrouve en 1815.Le jeune capitaine Edmond Dantès, qui vient de se fiancer à la belle Mercedes, est arrêté et jeté en prison. Second sur le bateau Le Pharaon, il est accusé à tort de bonapartisme et enfermé dans le château d'If, sur l'île du même nom, au large de Marseille. Après dix-huit ans, il réussit à s'échapper et s'empare du trésor de l'île de Monte-Cristo, dont l'emplacement lui a été révélé par un compagnon de captivité, l'abbé Faria. Devenu riche et puissant, il entreprend, sous le nom de comte de Monte-Cristo, de se venger de ceux qui l'ont accusé ou ont bénéficié directement de sa détention pour s'élever dans la société. En 1999, la mini-série vaut à Didier Decoin le Sept d'or du meilleur scénario.