"Je suis très très choquée, très déçue et très en colère", déclare mercredi 22 juillet à l'Agence de vérification de Radio France l'ex-mannequin Ebba Karlsson, après l'annonce de la mort de Daniel Siad, qu'elle accuse de l'avoir violée au début des années 1990 en France. Le recruteur de mannequins et rabatteur présumé de femmes pour le pédocriminel américain Jeffrey Epstein a été retrouvé mort lundi soir à son domicile de Colombes (Hauts-de-Seine).
À lire aussi Affaire Epstein : l'ancienne mannequin suédoise Ebba Karlsson appelle les autres victimes et les témoins à prendre la parole Une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte après la découverte du corps de Daniel Siad, précise le Parquet de Nanterre. "J'espère que les enquêteurs français feront tout ce qu'ils peuvent pour trouver les causes de sa mort. Car nous avions toutes peur qu'il meure", réagit Ebba Karlsson.Selon son récit, l'ex-mannequin aujourd'hui âgée de 56 ans a été abordée par Daniel Siad à l'été 1990 alors qu'elle se promenait dans les rues de Stockholm. "Il m'a dit qu'il avait un travail pour moi à Monaco, une séance de photos pour des maillots de bain", raconte-t-elle. Elle affirme qu'aucune séance photo n'a finalement eu lieu et accuse Daniel Siad de l'avoir violée dans le pool-house d'une résidence de luxe à Cannes.Visé par plusieurs plaintes, notamment pour viols, Daniel Siad faisait l'objet à Paris d'une enquête confiée à l'office spécialisé dans la lutte contre la traite des êtres humains. Il niait les accusations. Sa mort met fin aux poursuites pénales engagées contre lui en France.Une grande frustration pour les victimes présumées"Je suis très triste pour les cinq victimes qui ont eu le courage de porter plainte contre Daniel Siad", déclare à l'Agence de vérification de Radio France Homayra Sellier, présidente de l'association Innocence en danger qui accompagne des victimes dans les dossiers Jeffrey Epstein, Jean-Luc Brunel, Daniel Siad et Gérald Marie. "Je suis furieuse qu'il n'ait jamais été entendu par la justice française", ajoute-t-elle.Homayra Sellier déplore que "le seul de ce réseau qui habitait en France soit mort", estimant que cette disparition prive les plaignantes de la possibilité de voir Daniel Siad répondre devant la justice des faits qui lui étaient reprochés. "Pendant quarante ans, ces hommes ont trafiqué, agressé des femmes", poursuit la présidente d'Innocence en danger, évoquant un système d'exploitation de victimes.Le nom de Daniel Siad apparaît plus de 2 000 fois dans les "Epstein Files", documents judiciaires américains rendus publics le 30 janvier par le département américain de la Justice.Maître Anne-Claire Lejeune, l'avocate de six plaignantes contre Daniel Siad, déplore elle mercredi 22 juillet auprès de franceinfo qu'il "soit décédé avant d’avoir pu être entendu et faire l’objet d’une mesure de garde à vue, privant ainsi les victimes d’une étape essentielle dans leur quête de vérité et de justice".L'avocate représente six femmes ayant porté plainte pour des faits de traite d'êtres humains en bande organisée. Deux d'entre elles ont déposé plainte pour viol.






