"On a un plan d'intention, mais en aucun cas on a un plan d'action qui permet notamment aux éleveurs de voir les choses de manière sereine", réagit jeudi 6 août sur franceinfo Patrick Bénézit, vice-président de la FNSEA et président de la Fédération nationale bovine (FNB). Mercredi, le gouvernement a annoncé un plan "global" pour ne laisser "aucun agriculteur seul" face aux canicules, à la sécheresse et aux incendies.
À lire aussi : info radio france Le Premier ministre lance une "Mission reconstruction et adaptation des territoires" pour les zones touchées par les incendies La FNSEA, premier syndicat agricole français, avait demandé début juillet un plan de soutien exceptionnel et l'inscription d'une enveloppe de crise dans le budget 2027. Après la présentation du plan "global" par le gouvernement, "on n'a pas grand-chose en termes de détail" des mesures, note Patrick Bénézit. Des modalités "très floues"Il pointe aussi le fait qu'il y a "des choses qui manquent cruellement, notamment de pouvoir comptabiliser les pertes" dues aux vagues de chaleur, "et pour avoir accès au Fonds de solidarité nationale". Ce dernier existe via l'Indemnité de solidarité nationale (ISN) votée en 2022 et appliquée depuis le 1er janvier 2023. Il est en partie financé par le monde agricole et l'État, "mais son accès est aujourd'hui extrêmement compliqué", rappelle le président de la FNB, "notamment dans l'élevage et notamment sur l'herbe". Et "les modalités dégagées" mercredi par le ministère de l'Agriculture lors de l'annonce de ce plan global "restent encore très floues, c'est ce qui nous inquiète", rapporte Patrick Bénézit.Les agriculteurs alertent aussi depuis juin sur le manque d'eau, face à la sécheresse qui fait des ravages sur les cultures, dans les prairies et cultures fourragères, et les élevages. Dans son plan "global", la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, souhaite "adapter les mesures de gestion de l'eau" afin de "concilier la préservation de la ressource en eau avec la continuité des productions agricoles". "C'est très important que demain, nous ayons un plan pour stocker de l'eau", appelle Patrick Bénézit. "Nous avons la chance d'avoir un pays où la pluviométrie est importante, il faut qu'on s'engage dans des stockages" d'eau, que ce soit "pour l'agriculture, mais aussi pour les ressources humaines". La loi d'urgence agricole, votée par le Parlement le 21 juillet, prévoit déjà de doubler les volumes de stockage d'eau pour les usages agricoles d'ici 2035 et de multiplier par dix les volumes d'eaux usées traitées réutilisées, d'ici 2030 par rapport à 2020. Une mesure contestée devant le Conseil constitutionnel par plusieurs parlementaires et huit ONG.
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