Un acte de racisme assumé. Sonita Muluh en a récemment fait les frais. Cette haltérophile belge de 30 ans est passée proche d'un sacre planétaire le 21 juin dernier, lors des Championnats du monde de powerlifting (force athlétique, en français). Lors de son passage, où elle devait soulever une charge record de 334 kg lors d'une seule répétition mais sur trois mouvements clés (squat, développé couché et soulevé de terre), Sonita Muluh est disqualifiée.

En cause : l'un des assistants en charge de la sécurité de l'épreuve auprès des athlètes, a mis son genou à terre, rendant la performance non-valide pour le jury."Je pensais que c’était une erreur sincère"L'athlète pense alors que l'erreur est "sincère" et accepte la décision. Malgré la demande son entraîneur d'obtenir un nouveau passage, Sonita Muluh, multichampionne d’Europe et championne du monde en 2024, ne peut pas retenter sa chance et termine alors deuxième. Mais l'affaire a pris une autre tournure ces derniers jours. Sonita Muluh, qui a d'abord pris la défense de l'assistant, apprend que son geste était prémédité et la visait directement en tant que femme noire. "Je suis raciste et je l’ai fait exprès parce que je vous hais, bande de m**des", a-t-il écrit en commentaires d'un post Instagram évoquant l'affaire. L'assistant a depuis été suspendu à vie par la Fédération lituanienne de powerlifting pour son comportement "incompatible avec les valeurs et les standards" de ce sport. Voir cette publication sur Instagram Une publication partagée par Muluh Sonita🦸🏾‍♀️ (@sonita_ml)"Avant, je pensais que c’était une erreur sincère, parce que je ne voulais pas croire que quelqu’un puisse volontairement essayer de me nuire ou de m’empêcher de faire quelque chose pour lequel je m’étais entraînée si dur, a confié Sonita Muluh à la RTBF, le 30 juillet. Je pensais sincèrement que c’était peut-être une erreur. Et maintenant, je dois voir les choses autrement : quelqu’un a délibérément essayé de me faire du mal. Et cela uniquement à cause de la couleur de ma peau. Et ça, ça m’a blessée d’une manière totalement différente." Dans ce même article, elle évoque aussi les conséquences de cet acte dans sa carrière. "J’ai perdu des soutiens financiers de sponsors parce que je n’ai pas pu réaliser une bonne performance aux Championnats du monde. J’ai perdu un record pour lequel j’avais travaillé extrêmement dur", a-t-elle appuyé."Je devrais uniquement penser à ma performance sportive"Pour Sonita Muluh, le racisme fait partie intégrante de son sport, alors que les "personnes noires y sont encore très peu nombreuses. J’ai déjà été confrontée au racisme lors de compétitions. Je devrais uniquement penser à ma performance sportive, pas me demander si je risque d’être agressée à cause de la couleur de ma peau", affirme-t-elle.Depuis la révélation des circonstances de l'affaire, les réactions pleuvent. La Fédération belge a apporté son soutien à son athlète condamnant "fermement tout acte raciste au sein de notre sport". La Fédération internationale de powerlifting a elle salué l'interdiction de la Fédération lituanienne à vie de l'assistant à toute participation, et a assuré vouloir "identifier les possibilités de renforcer le recrutement, la sélection, l'accréditation et la supervision des bénévoles soutenant les événements de l'IPF" afin que cet acte de malveillance ne se reproduise plus.