Les crises mondiales, notamment au Moyen-Orient bouleversent le tourisme. Entre les inquiétudes liées à la sécurité et la flambée du prix des billets d’avion, certains voyageurs renoncent aux voyages au long court et cherchent des destinations plus sûres. En Allemagne, ce contexte tourmenté profite à la côte baltique, tout au nord du pays, près de la Pologne.

À lire aussi Guerre au Moyen-Orient : "800 000 Français disent renoncer à partir à l'étranger cet été", selon un expert du tourisme Selon une plateforme de locations de vacances, la région enregistre cet été 25% de réservations de plus que l’année dernière. C'est notamment le cas à Warnemünde, une des stations balnéaires de la côte. À la descente du TER, le bruit des valises à roulettes se mêle aux cris des mouettes."Voyager l'esprit tranquille"Au milieu des habitués, d'autres visiteurs découvrent la côte baltique pour la première fois. Michael et sa femme sont venus pour profiter des plages. "On veut voyager l’esprit tranquille, admet-il. Les vacances, ça doit être sympa, reposant et sans souci. Il y a trop d’insécurité partout, alors cette année, on s’est dit, 'allons à la mer Baltique'. On ne veut pas risquer d’être pris en otage dans un aéroport ou de croiser un type avec une mitraillette ou une ceinture d’explosifs. Sinon ce ne sont pas des vacances."Les centaines de corbeilles de plage aux rayures bleues et blanches, disposées sur le sable blanc, sont presque toutes occupées. Ilona et son mari en ont loué une pour la semaine. Le couple de retraités a déjà parcouru la planète. Malaisie, Hong-Kong, Vietnam, Egypte… Mais cette fois, pas question de quitter l’Allemagne pour Ilona. "On aime découvrir d’autres cultures et rencontrer d’autres personnes. Mais désormais, on choisit des zones qui sont plus sûres, indique-t-elle. Il y a beaucoup de belles choses à découvrir en Allemagne. Je n’ai aucune envie de faire une croisière dans la région du Golfe ou d’aller à Dubaï et de me demander si je vais pouvoir rentrer.""Nous sommes tous les deux à la retraite. On a travaillé toute notre vie et maintenant, on veut simplement en profiter"Ilona, vacancière allemandeà franceinfoDepuis le mois de mars et le début du conflit en Iran, un Allemand sur cinq a modifié ses projets de voyage. Après un début de saison catastrophique, les réservations, peu nombreuses sur la côte Baltique il y a encore quelques semaines, ont largement augmenté."Séduire un public plus jeune"Frank Martens, qui dirige un hôtel quatre étoiles de 113 chambres à Warnemünde et emploie 70 personnes, espère boucler la période estivale avec un taux d’occupation de 90%. "Si vous m’aviez posé la question en février, je vous aurais répondu que ça s’annonçait très très mal. Avec 20% de réservations de moins que l’année dernière, c’était catastrophique, fait-il remarquer. Mais depuis la guerre en Iran début mars, on a eu plus de réservations pour l’été. Beaucoup de gens ont reporté leurs vacances en Turquie, en Grèce, en Egypte ou à Dubaï, parce qu’ils avaient peur."Pour la côte Baltique, c’est un atout considérable. La crise mondiale, qui a fait flamber les prix des billets d’avion, contribue aussi à dynamiser le tourisme de proximité. Guido Zöllick, le patron de l’hôtel Neptun et président de l’Association des hôteliers et restaurateurs voit une chance pour la région : "Il faut toujours attirer de nouveaux visiteurs. Nous voulons séduire un public plus jeune et des familles, pour avoir, dans 20 ans, des gens qui se seront attachés à la région et qui reviendront". La côte baltique est magnifique partout, le climat est tempéré, on peut pratiquer tous les sports nautiques imaginables... Il y a tout ce qu’il faut pour passer de bonnes vacances."Guido Zöllick, président de l’Association des hôteliers et restaurateursà franceinfoLes professionnels du tourisme de la région aimeraient maintenant attirer une clientèle davantage internationale. L’année dernière, moins de 5% des visiteurs étaient étrangers.