C'est une figure des luttes féministes qui a tiré sa révérence ce 18 août à Cabestany dans les Pyrénées-Orientales à l'âge de 97 ans. Yvette Roudy fut la première titulaire d'un « ministère des Droits de la femme » de 1981 à 1986, sous François Mitterrand. Mais son action ne se résuma pas à un ministère. Elle œuvra très concrètement pour les femmes avec le remboursement de l'IVG en 1982, la lutte pour l'égalité professionnelle, ou encore la féminisation des noms de métiers.
Publié le : 18/08/2026 - 17:10 Modifié le : 18/08/2026 - 17:29
Yvette Roudy (G), minitre délégué chargé des Droits de la Femme, et Gisèle Halimi, député de la 4è circonscription de l'Isère, s'entretienent à la tribune, lors du colloque "Choisir la cause des femmes", le 15 octobre 1983, au palais de l'UNESCO à Paris. AFP - DOMINIQUE FAGET Par : RFI avec AFP Publicité Lire la suite Si Françoise Giroud avait auparavant été secrétaire d'État à la Condition féminine sous Valéry Giscard d'Estaing, à partir de 1974, Yvette Roudy fut bel et bien la première titulaire d'un véritable « ministère des Droits de la femme » sous François Mitterrand .
« Féministe, socialiste, femme de convictions et de combats, elle n'a jamais cessé de défendre ses idées », a réagi sur le réseau social X l'ex-président socialiste François Hollande. Elle a « fait reconnaître officiellement le 8 mars comme Journée internationale des droits des femmes en France », a-t-il rappelé.
« Yvette Roudy n'est plus. Mais il reste tant d'elle. Le remboursement de l'IVG, c'est elle, la féminisation des noms de métiers, c'est elle, l'égalité professionnelle, c'est elle, la parité, c'est encore elle », a aussi souligné la sénatrice socialiste Laurence Rossignol sur X.
Née le 10 avril 1929 à Pessac (Gironde), Yvette Roudy, née Saldou, est issue d'un milieu modeste. Elle commence à travailler très jeune comme dactylographe dans une conserverie de poisson avant de reprendre des études et de s'engager dans le militantisme féministe et socialiste. Dès 1964, elle milite au Mouvement démocratique féminin (MDF) et fonde un an plus tard un journal bimensuel : La femme du XXe siècle, dont elle est rédactrice en chef.
Elle comprend l'importance de l'action politique et obtient le soutien du candidat à la présidentielle François Mitterrand qui reprend à son compte certaines revendications du MDF dans son programme, notamment le droit à la contraception. En 1971, elle signe le « Manifeste des 343 » pour le droit à l'avortement et poursuit son engagement aux côtés de François Mitterrand en le rejoignant au Congrès d'Épinay en 1971. Elle est élue en 1979 députée européenne et fonde la commission des droits des femmes au sein du Parlement européen.
C'est Pierre Mauroy qui la nomme ministre des Droits de la femme, après l'élection présidentielle de 1981. Le ministère dispose alors d'un budget dix fois supérieur à celui du Secrétariat à la condition féminine qu'avait dirigé Françoise Giroud en 1974, signe de l'importance qu'a voulu lui donner le tout nouveau président socialiste. Son passage au ministère est marqué par plusieurs mesures majeures : le remboursement partiel de l'IVG, la publication d'un Guide des droits des femmes, ou encore l'instauration du 8 mars comme journée des droits des femmes.
En 1986, elle devient députée du Calvados, et ce, jusqu'en 2002 et continuera d’agir pour les droits des femmes en portant ou en soutenant des textes de loi sur l’égalité professionnelle, la lutte contre les discriminations et la protection des femmes. Maire de Lisieux de 1989 à 2001, elle met en œuvre, au niveau municipal, des politiques favorisant l’accès des femmes à l’emploi, à la formation, à la culture et à la vie associative. Elle veillera également à une représentation équilibrée des hommes et des femmes dans les instances locales.






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