Après l'été caniculaire, les mégafeux meurtriers, la sécheresse qui crame les cultures et amaigri les animaux, tout devrait sur le papier rendre plus audible les écolos. Ils ont, les premiers, alerté sur les dangers du réchauffement climatique, souvent dans l'indifférence, parfois sous les moqueries.

Pourtant, personne ne les crédite d'avoir eu raison avant les autres, quand bien même une partie de la classe politique semble découvrir ce que les rapports du Giec et les scientifiques annoncent depuis des années. Comme si en France, le parti était condamné à jouer les Cassandre. À lire aussi Face aux ingérences étrangères, que proposent les partis politiques, à huit mois de l'élection présidentielle ?

Au Parlement européen, pourtant, les Verts ont su participer à des coalitions, trouver des compromis, pour aboutir à des textes aujourd'hui menacés, parfois détricotés, comme le Pacte Vert. En France, pourtant, c'est quand ils jouent les casques bleus de la gauche qu'ils sont paradoxalement le plus audibles, pas quand il est question d'éteindre l'incendie climatique. C'est justement ce qu'a fait Marine Tondelier ce week-end.

La patronne des écologistes a tendu la main à "toute la gauche", de Jean-Luc Mélenchon à Raphaël Glucksmann, dans une interview, le 16 août, au journal La Tribune Dimanche. Son but ? Pourtant sur le papier, Marine Tondelier est elle-même candidate à la présidentielle.

Mais cet appel aux négociations ressemble furieusement à un premier pas vers un possible retrait, en échange d'ajustements programmatiques et surtout d'un accord pour les législatives, comme en 2017, lorsque les écolos avaient soutenu Benoît Hamon.

Pour comprendre pourquoi ça coince politiquement, il faut lire, ou relire le philosophe Dominique Bourg, qui a beaucoup écrit sur notre incapacité à sortir de ce qu'il appelle "le piège de la croissance", sur notre amnésie collective devant les désastres en cours ou les pièges du court-termisme démocratique. Ce spécialiste des questions environnementales invite également le parti écologiste à sortir des postures morales pour se concentrer sur les questions existentielles.