Le mal a plusieurs visages, Marc Dutroux est l’une de ses incarnations. Mais le mal est aussi tristement banal. Le travail des associations de terrain est sans appel : c’est au sein du milieu familial que les violences sexuelles sur les enfants sont le plus répandues, écrit “Le Soir”, trente ans après l’arrestation du pédophile et tueur en série belge et la découverte de ses premières victimes.

Photographie de Marc Dutroux rendue publique en août 1996 par la police belge. PHOTO AFP Partager Écouter l’article Ajouter aux favoris Trente ans depuis l’arrestation de Marc Dutroux [le 13 août 1996], la libération miraculeuse de [ses victimes] Sabine et Laetitia [le 15 août], la découverte de l’horreur de ses crimes.

Trente ans depuis la marche blanche, la découverte des profondes erreurs policières et judiciaires, puis les réformes réclamées par les centaines de milliers de Belges descendus dans les rues de Bruxelles pour crier “plus jamais ça”.

Que reste-t-il de cette “affaire Dutroux”, trente ans après l’incarcération du criminel ?

Si son arrestation a mis fin à une séquence de terreur, elle a aussi laissé derrière elle un traumatisme générationnel, de ceux qui se transmettent presque malgré soi. C’est cette grand-mère qui hésite à laisser ses petits-enfants jouer dehors sans surveillance. Ou ce gamin de 96, aujourd’hui trentenaire, qui ne peut s’empêcher de marquer un temps d’arrêt lorsqu’il croise une camionnette blanche.

Les avancées, elles, sont indéniables : création de Child Focus [la Fondation pour enfants disparus et sexuellement exploités], auditions spécialisées des mineurs, meilleur accompagnement des familles, disparition du vieux réflexe consistant à attendre trop longtemps avant de s’inquiéter. Mais elles se sont aussi construites autour d’une représentation dominant

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Article réservé aux abonnés Belgique. Vingt-cinq ans après l’affaire Dutroux, une génération d’enfants traumatisée