Le 12 août prochain, la Lune masquera de nouveau le Soleil au-dessus d'une grande partie de l'Espagne, et pendant quelques minutes une éclipse solaire totale sera visible ce jour-là. Et ce ne sera pas non plus la première fois que quelqu'un tente de la saisir au pinceau. Quand le ciel s'assombrissait et que le monde tremblaitAvant que l'astronomie n'existe telle que nous la comprenons aujourd'hui, une éclipse était tout simplement terrifiante.
Le Moyen Âge a trouvé dans l'éclipse un ressort narratif idéal pour un épisode très précis : la mort du Christ. Le peintre italien Taddeo Gaddi représente, dans un triptyque de 1330 aujourd'hui conservé à la Société historique de New York, une Lune s'approchant du Soleil au-dessus de la croix. Le baroque, entre foi et science naissanteAvec le baroque, la représentation de l'éclipse gagne en ambition technique sans perdre sa charge symbolique.
Toutes les toiles d'éclipses de l'époque ne sont pas nées de la foi. Au XVIIIe siècle déjà, Donato Creti a réalisé une série de toiles consacrées aux observations astronomiques à la demande du comte Marsili, qui les a offertes au pape Clément XI pour le convaincre de financer un observatoire à Bologne. Le romantisme et le goût du sublimeLe XIXe siècle, fasciné par le grandiose et l'inexplicable, a produit certaines des scènes les plus pittoresques du genre.
Quand le pinceau se mit au service de la scienceÀ la fin du XIXe siècle, avant que la photographie ne soit capable de saisir correctement la couronne solaire, certains artistes ont transformé leurs peintures en instruments de précision. Cette scène a fini par être transformée en chromolithographie dans une chemise de 15 planches publiée en 1882.
Ancien étudiant en physique reconverti en portraitiste, il a développé une méthode sténographique de notation des formes et des couleurs qui lui permettait de travailler avec à peine deux minutes de totalité. De l'expressionnisme au pop artL'éclipse a continué d'inspirer, cette fois dans une veine purement artistique, au XXe siècle.
Le 12 août, lorsque la Lune cachera de nouveau le Soleil au-dessus de l'Espagne, des milliers de personnes sortiront leur téléphone portable pour photographier le phénomène. Pendante une bonne partie de l'histoire, le seul moyen de le conserver a précisément été celui-là : un pinceau, une poignée de minutes et la mémoire de celui qui a osé lever les yeux.

%3Aquality(50)%2F2026%2F08%2F18%2F6a84c4a7c1981148298424.jpg&w=1600&q=75)

%3Aquality(50)%2F2026%2F08%2F18%2F6a847a66b83e3423258792.jpg&w=1600&q=75)


%3Aquality(50)%2F2026%2F06%2F29%2F6a4233d792dec910376203.jpg&w=1600&q=75)