A environ huit mois de l'élection présidentielle, les contours de la primaire du Parti socialiste et de ses alliés se dessinent, avec comme horizon, le mois d'octobre. Toutefois, quelques zones d'ombre demeurent, de la date exacte de la primaire aux conditions nécessaires pour se porter candidat, en passant par l'épineuse question du montant de la participation nécessaire pour prendre part au vote. Pour l'instant, il n'y a rien d'officiel.

Les dates doivent être adoptées en conseil national du Parti socialiste, prévu le 25 août, trois jours avant les universités du parti, à Blois (Loir-et-Cher). Comme pour les dates de la primaire, les conditions à remplir pour figurer parmi les candidats doivent être entérinées le 25 août par le PS. Combien faudra-t-il de parrainages d'élus, qu'ils soient parlementaires, maires ou conseillers régionaux, pour concourir ? La question est en discussion.

Le 10 juillet, après des mois de tergiversations, les militants du PS ont certes choisi de désigner leur candidat à la présidentielle par une primaire dite "fermée". Ils ont voté à 55,5% pour la réserver aux seuls adhérents du PS et des "organisations politiques se reconnaissant comme faisant partie du pôle socialiste", comme Place publique, dirigée par Raphaël Glucksmann.

Ainsi, la question d'une participation demandée au corps électoral fait l'objet de vifs débats entre les différentes composantes du Parti socialiste. "C'est trop cher. Comment justifier de passer de 2 euros (après les 20 euros de 2006)" en 2017 "à 15 euros cette année !! Alors que le pouvoir d'achat a baissé.

Vérifier une motivation en fixant une contribution symbolique oui, mais faire un barrage par un prix trop élevé risque d'affaiblir l'idée même la bonne initiative de primaire démocratique", a dénoncé sur X Ségolène Royal, qui ne demande "pas plus de 5 euros" pour cette participation. D'après les informations de France Télévisions, plusieurs écuries tentent de faire baisser le prix évoqué, dont celles de Philippe Brun, Ségolène Royal et d'Olivier Faure.

"Nous défendons un tarif qui soit le plus accessible", défend l'entourage du premier secrétaire du PS. Il y a d'abord ceux qui sont officiellement candidats à travers le processus de primaire. C'est le cas du député PS de l'Eure, Philippe Brun, qui s'est déclaré fin juin, "pour porter une ligne populaire" destinée à "retrouver les ouvriers et les employés" qui se sont désintéressés du parti à la rose.

De son côté, Ségolène Royal a rallié la ligne de départ le 10 juillet, avec l'ambition de "retrouver une France tranquille et confiante en son destin", comme la candidate socialiste à la présidentielle de 2007 l'a défendu sur X. La deuxième catégorie concerne ceux qui ne sont pas encore candidats déclarés à l'élection présidentielle, mais qui passeraient par la case primaire s'ils devaient officialiser leur volonté de briguer l'investiture suprême.

La première de ces personnalités est Raphaël Glucksmann. Entre un livre et un meeting avant l'été, le leader de Place publique a multiplié les jalons avant d'officialiser sa candidature, ce qui pourrait intervenir à l'issue du délai de réflexion de trois mois qu'il avait donné fin mai. Le 10 juillet, lorsque les adhérents du PS se sont prononcés en faveur d'une primaire fermée, l'eurodéputé a salué "une bonne voie" en vue de 2027.

Patron contesté du PS, Olivier Faure se laisse jusqu'à septembre avant de prendre sa décision. D'autres personnalités du camp social-démocrate ont déjà affirmé qu'elles ne participeraient pas à ce vote. Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), est candidat à l'élection présidentielle, mais sans passer par une primaire qu'il a décrite comme "énergivore, chronophage, inutile", le 29 juillet sur TF1.

L'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve mûrit sa candidature loin de la primaire. "Je suis très favorable à une primaire qui irait de Mélenchon à Le Pen, en incluant tous les autres. Enfin, il y a François Hollande. L'ancien chef de l'Etat manœuvre en coulisses avec la présidentielle dans le viseur. En cas de candidature officielle d'ici le mois d'octobre, "il ne participera pas à la primaire", assure son entourage. C'est probable.

Plusieurs groupes audiovisuels ont ainsi contacté les candidats en ce sens, rapportent plusieurs médias, dont Le Parisien et L'Opinion. En partenariat avec France Inter, France Télévisions a également proposé un débat entre les candidats. S'il était accepté, il serait codiffusé par France 2 et France Inter, et présenté par les journalistes Caroline Roux et Benjamin Duhamel.