Côté RN, Edwige Diaz, invitée de franceinfo vendredi 14 août accuse le gouvernement de vouloir "pénaliser ceux qui ont travaillé". Dimanche, c’est au tour de l'ancien ministre de l’Économie, Thierry Breton d'affirmer qu'il "ne faut pas toucher aux retraités". La piste à l’étude pour le gouvernement est de geler ou indexer à un niveau inférieur à l’inflation les pensions de retraite les plus élevées.
À lire aussi : Édito Pour le budget 2027, Sébastien Lecornu veut imposer sa marque avant la présidentielle À partir de quel stade ? Le seuil des 3 000 euros a été évoqué avant les vacances, notamment par Serge Papin, ministre des PME, mais une source à Bercy confiait que pour réaliser des économies il faudrait aller au-delà l'objectif d’une telle mesure étant plus de six milliards d’euros d’économie. Une désindexation ne serait pas une première. Mais ces cinq dernières années, les retraités n’y étaient plus habitués : il y a eu six revalorisations successives. Auparavant, quand François Hollande était président, puis au début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, jusqu’en 2020, les pensions de retraite étaient soit sous-indexées soit gelées.Défendu par les économistesSi côté politique, il y a peu de voix pour défendre une telle mesure, du côté des économistes, c’est un autre son de cloche. En sept ans, les dépenses de retraite ont augmenté de 30%, soit 96 Milliards d'euros par an. "Ne pas voir que le dérapage des finances publiques est lié à cette hausse non financée relève de la cécité économique ou du petit calcul politique", estime Erwan Tison, directeur des études de l'Institut des entreprises. Et surtout ce que beaucoup pointent du doigt, y compris des économistes de gauche comme Gilles Raveaud, c’est que le taux d'épargne en France n’a jamais été aussi élevé. Or les deux tiers de cette épargne viennent des retraités. Les récentes revalorisations des pensions sont venues augmenter l’épargne des retraités les plus aisés : 10% des retraités touchent plus de 4 000 euros de pension par mois, selon l'Observatoire des inégalitésToute la difficulté est de protéger les petites retraites. On ne peut pas mener des politiques sociales différenciées en France. Le Conseil constitutionnel risque de retoquer une telle mesure, c’est ce qui s’est passé pour la taxe d’habitation, on ne pouvait pas imposer uniquement les plus riches. Et puis il y a un autre problème que soulèvent les économistes : les pensions ne représentent pas forcément le niveau de vie. Il y a tous les revenus complémentaires, comme les loyers. Plus de 70% des retraités sont propriétaires, certains multipropriétaires. La solution serait de supprimer l’abattement de 10% dont ils bénéficient, qui concerne surtout les revenus au-delà de 2 000 euros par mois. Cette piste n’a pas réussi à François Bayrou, éphémère Premier ministre.
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